Sing along with Basie !

Publié le par L.D.

   Ces dernières semaines, j'ai trouvé, au hasard de mes pérégrinations Youtubesques, deux idées d'articles, qui sont venues à point nommé tenir compagnie aux deux autres qui végètent depuis quelque temps déjà en attendant des jours meilleurs.

   Histoire de désengorger la boîte à idées, j'en extrais une en ce début d'après-midi dominical et tristounet... une qui, logiquement, ne devrait pas me demander trop d'efforts niveau rédaction, et à peine plus niveau illustration sonore. Pile poil ce qu'il me faut, quoi.

 

   Le sujet du jour ? Le vocalese. Qui est un style de chant spécifique au jazz, et qui n'a donc rien à voir avec les vocalises. Faire des vocalises, c'est chanter une mélodie en remplaçant les paroles par des « aaaaaaaaaaa » ou des « oooooooooo » du plus bel effet. Les vocalises sont surtout un exercice, les gammes du chanteur, quoi. Pas un truc très rigolo, donc, du moins à écouter (à pratiquer non plus, sans doute, mais sait-on jamais).

   Le vocalese, c'est beaucoup plus amusant. Beaucoup plus compliqué à réaliser aussi, parce qu'il faut un matériau de base (un morceau instrumental, de préférence dans une version connue... le « Body and Soul » gravé par Coleman Hawkins, par exemple), plus qu'un poil de talent de parolier pour parvenir à écrire des paroles qui collent à la version instrumentale, et des cordes vocales assez souples pour interpréter le tout.

   Illustration, sur « Body and Soul ». D'abord, l'original de Hawkins ; ensuite, la version chantée par Eddie Jefferson. Du moins, si le player veut bien les passer dans l'ordre :

 

 

   Eddie Jefferson, ça doit être le papa du vocalese. Un style né à la toute fin des années 40, qui restera assez confidentiel mais connaîtra quelques spécialistes. Comme LHR, le trio formé par Dave Lambert, Jon Hendricks et Annie Ross — c'est d'ailleurs à la sortie de leur premier album, « Sing a Song of Basie », que le critique Leonard Feather invente le terme de vocalese.

   Parce que si le vocalese en solo (par l'ami Jefferson, mais aussi King Pleasure ou Babs Gonzales) c'est bien, le vocalese à plusieurs c'est encore mieux. Illustration avec la version Miles-Davisienne de « Freddie Freeloader », suivie par celle qu'en a donné un quartet superlatif composé (par ordre d'entrée en scène) de Bobby McFerrin dans le rôle de Wynton Kelly, Al Jarreau en Miles Davis, Jon Hendricks sur les traces de John Coltrane et George Benson dans le rôle de Cannonball Adderley.

 

 

 

 

 

   Et... si on allait encore plus loin ? Jusqu'à recréer tout un orchestre ? Un p'tit coup d'overdubbing et voilà que LHR et les Double Six, sous vos oreilles ébahies, revisitent le répertoire du Count Basie Big Band.

   Et puisque M'sieur Deezer ne veut plus qu'on embedde un player avec un seul morceau, je vous laisse en compagnie d'une petite playlist dans laquelle vous retrouverez pêle-mêle LHR, King Pleasure, les Double Six de Mimi Perrin et leurs vocalese à la française, Sarah Vaughan qui recrée un solo de piano d'Horace Silver et, si je l'ai trouvée, la version chantée par James Moody de son solo de 1949 sur « I'm in the Mood for Love », qui avait été « vocalesée » à l'époque par Eddie Jefferson ! Avec en prime, parce que la maison ne recule devant aucun sacrifice, ce qu'elle espère être les versions instrumentales de base (même si j'avoue avoir un peu tapé au hasard pour les morceaux du répertoire Basiesque).

 

   Cliquez, enjoyez, vous connaissez la chanson, maintenant !

 

Publié dans disques de chevet

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cocole 11/10/2010 17:58



je connaissais ça sans savoir que ça s'appelait ainsi !


J'ai tout écouté ! en jouant ! ;-) je ne connaissais en genénéral que les parties instrumentales...


merci pour la découverte ! bise



Taali 10/10/2010 14:02



C trop l'kiff ! Ca me fait trop loler


Mé ca mank de rap yo....