Brassas, you folk player!

Publié le par L.D.

J'ai grandi bercée par « les quatre B ». Bach, Broonzy, Basie... et Brassens. Papamaman devaient avoir une bonne moitié des douze volumes de la collection Philips Fabrication de la Guitare... et une curiosité — du moins pour la gamine que j'étais (désolée pour le côté timbre-poste de l'image, c'est tout ce que j'ai trouvé... en même temps, j'ai pas trop cherché) :

 

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« Georges Brassens joue avec Moustache et les Petits Français — Joe Newman, Eddie Davis, Harry Edison, Cat Anderson, Dorothy Donegan — et chante Elégie à un rat de cave ».

Il est étonnamment compliqué de trouver des renseignements sur Brassens et le jazz. Et pourtant, là, j'ai un peu mieux cherché. Du jazz, il en écoute quand il est gamin — une passion qui vient s'ajouter à celles qu'il nourrissait déjà pour la poésie et la chanson populaire. En 1951, il se produit au Théâtre du Vieux-Colombier, en plein quartier de Saint-Germain des Prés, fief des zazous, des rats de cave, bref, des amateurs de jazz de l'époque. Là, il rencontre François-Alexandre Galepidès, dit « Moustache », batteur régulier de Claude Luter, qui jouera de fait à plusieurs reprises avec Sidney Bechet.

Bien des années plus tard, en 1976, Moustache promet à Brassens d'adapter ses chansons en jazz. Promesse qu'il tient, trois ans plus tard. Autour de l'oncle Georges et de ses deux accompagnateurs du moment (le contrebassiste Pierre Nicolas dit « Grip'chaussettes »* et le guitariste Joël Favreau), Moustache rassemble une poignée de musiciens français (Irakli, François Guin, Benny Vasseur, Marcel Zanini, Geo Daly pour ne citer que les plus connus) et profite de la présence à Paris de cinq monstres du truc qui swingue. Pour le résultat, on clique sur « Play » !

 

 

 

Identification des solistes, avec l'aide du site Discogs.com :

  • « Le Temps ne Fait Rien à L'Affaire » Cat Anderson et Benny Vasseur.
  • « Au Bois de mon Coeur », « Le Temps Passé » et « La Ronde des Jurons » : Harry Edison et Eddie « Lockjaw » Davis.
  • « Chanson pour l'Auvergnat » : l'explosive Dorothy Donegan.
  • « Je Me Suis Fait Tout Petit » : Joe Newman.
  • « Le Vent » : Joël Favreau, Pierre Nicolas et Teddy Martin.
  • « La Ballade des Cimetières » : Benny Vasseur et Dorothy Donegan.
  • « P... de Toi » : Cat Anderson, Joël Favreau et Teddy Martin.
  • « La Chasse aux Papillons » : Géo Daly et Zanini.

Après la disparition de Brassens, en octobre 1981, Moustache lui rend un nouvel hommage, entouré d'un sacré All-Stars. Et là, j'ai eu beau chercher, pas moyen de dénicher l'année d'enregistrement, pas plus que le personnel complet. Il faudra vous contenter des solistes, dont le nom défile sur le player à la suite de chaque titre, et que je reprends ici pour un peu plus de lisibilité :

  • « La Première Fille » : Lionel Hampton, Henri Salvador, Michel Attenoux, Arnett Cobb.
  • « Dans l'Eau de la Claire Fontaine » : Henri Salvador, Arnett Cobb, Irakli.
  • « A l'Ombre du Coeur de ma Mie » : Clark Terry, Frank Foster, Al Grey.
  • « Oncle Archibald » : Irakli, Al Grey, Frank Foster.
  • « La Route aux Quatre Chansons » : Al Grey, Frank Foster.
  • « Les Amoureux des Bancs Publics » : Major Holley, Teddy Martin.
  • « L'Orage » : Lionel Hampton, Henri Salvador.
  • « Le 22 Septembre » : Clark Terry, André Villégier.
  • « Les Passantes » : Henri Salvador, Major Holley.

 

 

*  « Brassens avait oublié chaussures et chaussettes à l'hôtel et s'était retrouvé en espadrilles au théâtre où il devait se produire. Il demanda, affolé, à Pierre Nicolas de lui prêter ses chaussures. Le contrebassiste s'exécuta aussitôt pour dépanner son ami. Mais Brassens demanda alors : « Il me faudrait aussi tes chaussettes... »
- Ah non ! protesta Nicolas. Ne compte pas sur moi pour t'accompagner pieds nus alors que toi tu seras dans mes chaussettes et mes chaussures !
Le mauvais prêteur se trouva affligé aussitôt du sobriquet de « Grip'chaussettes ». Brassens l'appelait aussi « Pierre-la-famine » à cause de son redoutable appétit. »
(Extrait de la revue Les Amis de Georges n° 118, novembre-décembre 2010)

Publié dans disques de chevet

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D@net 14/08/2011 10:23



Coucou,


Je viens me "ressourcer" chez toi !!


Bon dimanche


D@net.



El Sudaca Renegau 04/08/2011 16:35



Muchas gracias!. Sigo aprendiendo con tu blog.


Te hago un regalito. Seguramente ya lo conoces. En el disco Escualo de Piazzolla de 1979, en el track 4 está Chin Chin. En el minuto 2:52 se transforma en jazz. 


He editado sólamente la parte jazzera del tango


(este comentario no debería ir aquí, pero no encuentro en el blog un enlace para escribirte)



gaston 25/07/2011 13:13



je me demande ce qu'est devenu joël Favreau qui accompagnait un peu tout le monde dans les seventies? ce n'est pas que je sois vraiment nostalgique de tout ça. Brassens ne m'a jamis branché
énormément même si je lui suis reconnaissant d'avoir évoqué les "imbéciles heureux d'être nés quelque part "



L.D. 25/07/2011 14:42



Brassens, c'est plus mon enfance qu'autre chose... à l'époque, je ne comprenais sans doute pas très bien les paroles et maintenant (la faute à ma culture jazz, peut-être), j'attache toujours
beaucoup plus d'importance aux notes qu'aux mots qui peuvent les accompagner.
Alors, j'ai une tendresse toute particulière pour ces deux albums (pour le premier surtout, et plus encore pour les titres qui figuraient sur ce fameux vinyl de mon enfance !), pas seulement
parce que Cat Anderson, Lockjaw Davis, Al Grey et Clark Terry, mais parce que les chansons de Brassens, ça fait un bon matériau de base pour jazzeux, mine de rien.
Quant à Joël Favreau, ben il a un site : http://www.joelfavreau.com/ (sur lequel
j'avoue n'avoir jeté qu'un petit morceau d'oeil très distrait, mais j'ai cru voir qu'il ne chômait pas, loin de là !).