Le retour du come-back

Publié le par L.D.

   Oui, enfin... ne nous emballons pas. C'est juste que j'avais envie de gribouiller quelques lignes sur une couple de cédés redécouverts tout récemment sur Deezer et qu'Overblog, contrairement à c'te saleté de *$**¶▒╚* de Word Press, est Deezer-friendly. Ici, au moins, on peut insérer une zoulie playlist sans devoir ruser avec l'éditeur chtéhèmehèle ou importer un plug-in ou invoquer les astres en faisant 42 fois le tour de son écran à cloche-pieds par une nuit de pleine lune.

   Bref, comme disait l'évêque à la danseuse.

   Si tu es un habitué du Jazz Coin, ô lecteur égaré sur cette page, tu sais que j'aime la contrebasse. Et si tu es arrivé ici par la grâce du hasard (ou de Google qui sait parfois être ton ami), ben tu le sais aussi, maintenant. Une contrebasse suffit à mon bonheur. Rajoutes-en une deuxième, et me voilà au comble du ravissement. Et s'il y en a une troisième... alors là... je suis au summum du zénith de l'extase.

   Bon.

   Sur le coup du milieu des années 90 du siècle passé, notre vieil ami Ray Brown a une chouette idée. Celle de téléphoner à John Clayton et à Christian McBride pour leur proposer de former un trio de contrebasses. Ce n'est pas la première fois que le Captain côtoie l'un de ses collègues. Une vingtaine d'années plus tôt, il a enregistré avec le Viking, alias Niels-Henning Ørsted Pedersen, et Oscar Peterson. Pas de confrontation directe néanmoins, c'est chacun son tour ; souvenez-vous de cette superbe interprétation de « You Look Good to Me »... non ? Vous l'avez oubliée ? Je vous la remets, pour la peine.

 

 

   Dans les années 80, le Captain fait équipe avec le pianiste Dado Moroni et avec le contrebassiste albigeois Pierre Boussaguet. Résultat, deux chouettes albums que je ne vous ferai pas partager pour l'excellente raison que je ne les ai trouvés nulle part (sauf en extraits de trente secondes sur musicme.com... hérésie).

   Bien. Venons-en à SuperBass. Featuring, donc, le one and only Captain Ray Brown, né en 1926 et qui nous a quittés en 2002 après une carrière pour le moins bien remplie. Featuring aussi John Clayton, l'un de ses plus fidèles suiveurs, à tel point qu'il m'arrive de les confondre. Et featuring enfin the baby of the band, Christian McBride. Agé de 24 ans à l'époque du premier cédé, Live at Scullers. Tout bonnement l'un des contrebassistes les plus doués, les plus novateurs, les plus enregistrés de ces vingt dernières années.

 

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   Quid de la musique ? Déjà, un problème majeur. Faut pas avoir des enceintes toutes pourries parce que je subodore que le troupeau de contrebasses qui passe par des enceintes toutes pourries, ça doit non seulement réveiller l'ours qui sommeille sous la table où est posé le caisson de basses, mais ça doit surtout ressembler à une bouillabaisse sonore assez indigeste. Avec des enceintes dignes de ce nom, par contre, c'est l'éclate totale.

   « Mais, honnêtement, » me demanderez-vous, « trois contrebasses non accompagnées, c'est pas un peu lassant, à la longue ? » Eh bien, non. D'abord, ce n'est pas tout à fait vrai qu'elles ne sont pas accompagnées, puisque le pianiste Benny Green et le batteur Gregory Hutchinson, à l'époque membres du trio du Captain, font quelques furtives apparitions. Mais même lorsqu'ils s'abstiennent, c'est-à-dire la plupart du temps, la contrebasse, dans les mains de ces trois magiciens-là, révèle la totalité de son potentiel. Quand l'un solote, l'autre assure l'accompagnement (et ces trois-là, en walking bass, c'est du solide, du percussif qui remplace tous les batteurs du monde !) — et le troisième pose occasionnellement quelques petits accords. Voir « Mack the Knife », le slap de McBride et la walking bass énergique du Captain derrière le solo de Clayton. Voir encore « Centerpiece » et sa succession de solos en stop chorus furieusement swinguants. Voir aussi « Three by Four », les solos successifs de Ray Brown et, à l'archet, de Christian McBride et John Clayton — avant une conclusion en slap à la Milt Hinton, sans doute dûe au benjamin de la bande. Voir enfin « Taco with a Pork Chop » et « Papa Was a Rolling Stone », deux festivals d'archet sur lequel le Captain, John Clayton et McBride s'amusent comme des petits fous et font chanter un public que l'on imagine ravi (avec une pointe de jalousie...).

   Parce que SuperBass, c'est aussi une ambiance. Celle que génèrent trois musiciens qui n'ont plus rien à prouver à personne, que lie un solide respect mutuel, et qui peuvent s'« affronter » en toute amitié. Le genre d'ambiance qui produit la meilleure musique, le genre d'ambiance aussi qui se propage au public, et qui va même jusqu'à supporter la numérisation pour vous être restituée, intacte, sur la petite playlist que j'ai concoctée pour vous à partir des albums Live at Sculler's et SuperBass 2.

Alors, selon l'expression consacrée... click and enjoy !


Publié dans disques de chevet

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Samuelito 22/09/2010 18:11



Welcome back Lady !!!



L.D. 23/09/2010 09:13



Bien le bonjour jeune homme !


J'ai deux trois idées d'articles, du coup... faut voir si je trouve aussi le courage de les écrire, héhé.


On y croit, on y croit !


La bise ;)



cocole 21/09/2010 16:28



Contente de retrouver de la vie ici ! :-)


En ce moment dans mon atelier, je travaille avec de vieux morceaux de jazz, toutes sortes, ça met une bonne ambiance de travail !


je reviendrai écouter ce morceau, là je dois partir à mon cours de sax !! pouet pouet !! lol


à plus



L.D. 23/09/2010 09:15



Marrant comme la musique peut faire basculer l'atmosphère d'un lieu pour l'adapter à l'humeur ou à l'activité du moment... c'est un peu comme changer le papier peint, mais en plus facile :p


N'empêche, je déconseille Art Tatum comme accompagnement à une activité qui implique le tapotage d'un clavier. On essaie forcément de suivre le rythme, et on finit avec des doigts pleins de
noeuds.


Bisous Cocole !