He had a dream
C'est pas fait exprès, mais ça tombe plutôt bien qu'en ce dimanche on reparle de Martin Luther King, à l'occasion de la sortie prochaine (aux USA du moins) du sixième volume des «King Papers» -- les écrits de King, quoi. Des écrits découverts en 1997, dans la cave de la famille King à Atlanta. Des écrits passionnants si j'en juge par les extraits cités par Derrick Z. Jackson, qui mène l'enquête (euh... on peut dire ça comme ça, non ?) dans l'International Herald Tribune de jeudi dernier.
Passionnants, et surprenants. Un vrai trésor que ces manuscrits écrits par Martin Luther King entre 1948, alors qu'il n'était encore qu'un jeune séminariste de 20 ans, et 1953.
Pourquoi surprenants ? Parce qu'à l'âge de 20 ans, King doute. Alors, il s'efforce de dépasser ses doutes, en même temps qu'il trouve une certaine valeur à des causes, des idées avec lesquelles il ne peut pas être en accord. Dans un sermon de 1953, il affirme que le communisme et le christianisme sont incompatibles. Mais il écrit aussi :
«(Le communisme) contient beaucoup de vérités essentielles qui doivent amener les chrétiens que nous sommes à réfléchir. Nous devons admettre que le communisme est une manifestation du mécontentement des classes défavorisées, lassées de la dureté de leurs conditions de vie. Et aussi que le communisme met l'accent sur une société sans classes, en même temps qu'il s'efforce d'éradiquer tout préjugé racial.»
L'année précédente, dans une lettre à Coretta, il écrivait, après avoir lu Marx, que «la religion peut facilement devenir pour la classe moyenne une façon d'opprimer le prolétariat, et de le garder sous son contrôle.»
Et Clayborne Carson, du Martin Luther King Jr. Research and Education Institute, basé à la Stanford University, de s'interroger : et si J. Edgar Hoover, chef du FBI et adversaire acharné de la lutte pour les droits civiques, avait eu connaissance de ces écrits ?
Surprenants aussi, ces extraits d'un essai écrit en 1948, intitulé «Les faiblesses de la théologie libérale» :
«Après avoir retiré à la Bible tout son contenu mythologique, le théologien libéral doit être capable d'apporter une réponse à qui lui demande : "Et alors ?". Il lui sera sans doute permis de se montrer aussi scientifique que possible en prouvant que la baleine n'a pas pu avaler Jonas, que la mère de Jésus ne pouvait pas être vierge et qu'il est impossible que Jésus ait jamais rencontré Saint Jean Baptiste.
Et une fois ces points éclaircis, quelle est la pertinence de ces Écritures ? Quelles sont les implications morales que nous pouvons retirer de la Bible ? Quelle place peut occuper Jésus dans notre monde de 1948 ?»
Et d'ajouter que là étaient les questions «auxquelles le théologien libéral devait être capable d'apporter une réponse s'il voulait pouvoir exercer une influence sur tous les esprits, quels qu'ils soient.»
Autre faiblesse de la théologie libérale selon King : «Elle se concentre tellement sur des sujets élevés, la plupart du temps, qu'elle néglige de répondre à certaines questions ; sa faiblesse réside dans son incapacité à toucher les masses. La théologie libérale semble trop éloignée de la vraie vie.»
Autant d'écueils que King sut éviter, de réponses qu'il sut apporter... et la suite de l'histoire, on la connaît.
Passionnants, et surprenants. Un vrai trésor que ces manuscrits écrits par Martin Luther King entre 1948, alors qu'il n'était encore qu'un jeune séminariste de 20 ans, et 1953.
Pourquoi surprenants ? Parce qu'à l'âge de 20 ans, King doute. Alors, il s'efforce de dépasser ses doutes, en même temps qu'il trouve une certaine valeur à des causes, des idées avec lesquelles il ne peut pas être en accord. Dans un sermon de 1953, il affirme que le communisme et le christianisme sont incompatibles. Mais il écrit aussi :
«(Le communisme) contient beaucoup de vérités essentielles qui doivent amener les chrétiens que nous sommes à réfléchir. Nous devons admettre que le communisme est une manifestation du mécontentement des classes défavorisées, lassées de la dureté de leurs conditions de vie. Et aussi que le communisme met l'accent sur une société sans classes, en même temps qu'il s'efforce d'éradiquer tout préjugé racial.»
L'année précédente, dans une lettre à Coretta, il écrivait, après avoir lu Marx, que «la religion peut facilement devenir pour la classe moyenne une façon d'opprimer le prolétariat, et de le garder sous son contrôle.»
Et Clayborne Carson, du Martin Luther King Jr. Research and Education Institute, basé à la Stanford University, de s'interroger : et si J. Edgar Hoover, chef du FBI et adversaire acharné de la lutte pour les droits civiques, avait eu connaissance de ces écrits ?
Surprenants aussi, ces extraits d'un essai écrit en 1948, intitulé «Les faiblesses de la théologie libérale» :
«Après avoir retiré à la Bible tout son contenu mythologique, le théologien libéral doit être capable d'apporter une réponse à qui lui demande : "Et alors ?". Il lui sera sans doute permis de se montrer aussi scientifique que possible en prouvant que la baleine n'a pas pu avaler Jonas, que la mère de Jésus ne pouvait pas être vierge et qu'il est impossible que Jésus ait jamais rencontré Saint Jean Baptiste.
Et une fois ces points éclaircis, quelle est la pertinence de ces Écritures ? Quelles sont les implications morales que nous pouvons retirer de la Bible ? Quelle place peut occuper Jésus dans notre monde de 1948 ?»
Et d'ajouter que là étaient les questions «auxquelles le théologien libéral devait être capable d'apporter une réponse s'il voulait pouvoir exercer une influence sur tous les esprits, quels qu'ils soient.»
Autre faiblesse de la théologie libérale selon King : «Elle se concentre tellement sur des sujets élevés, la plupart du temps, qu'elle néglige de répondre à certaines questions ; sa faiblesse réside dans son incapacité à toucher les masses. La théologie libérale semble trop éloignée de la vraie vie.»
Autant d'écueils que King sut éviter, de réponses qu'il sut apporter... et la suite de l'histoire, on la connaît.
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