America the beautiful
Un peu de sérieux ; de très sérieux même, puisqu'on va parler de l'un des fléaux qui touchent l'Afrique, et plus particulièrement l'Éthopie : la cécité.
Plus d'un Éthiopien sur cent est aveugle ; c'est énorme. Les responsables ? Chlamydia trachomatis, une bactérie qui se transmet par contact direct, et Onchocerca volvulus, une filaire. Je vous passe les détails -- même si personnellement j'aime à l'occasion me plonger dans le «Précis de Parasitologie Humaine» de mon toubib de père, un cours sur le sujet n'est pas le but de ce papier. Je me contenterai de préciser que tant Chlamydia qu'Onchocerca causent aux yeux des dommages irréversibles... et qu'il existe un traitement.
En cette époque où nous critiquons tous le triste Dubya pour son entêtement à rester coûte que coûte en Irak, un homme, dans l'ombre, réhabilite l'image des États-Unis. Et pas n'importe quel homme : l'ancien président Jimmy Carter, qui est parti en guerre contre le trachome et la «cécité des fleuves» -- ainsi que contre deux autres fléaux, la draconculose (due là encore à une filaire, aussi connue sous le nom de «ver de Guinée») et l'éléphantiasis. Déjà, grâce à l'action de Carter, la draconculose a presque disparu de la région ; la guerre qu'il mène contre les autres pathologies semble devoir également déboucher sur une victoire. Grâce à Carter... et aux laboratoires Merck, qui fournissent gratuitement la dose annuelle de Mectizan, qui semble ralentir le rythme de reproduction des filaires, évitant ainsi tant la cécité que les terribles démangeaisons provoquées par ce parasite.
Quid de la malaria et de l'éléphantiasis ? Les parasites responsables de ces deux pathologies étant véhiculées par les moustiques, la parade était simple : procurer des moustiquaires aux populations exposées. Quant au trachome, une hygiène accrue pourrait permettre de s'en préserver. D'où la construction, sous l'impulsion de Jimmy Carter toujours, de 350.000 toilettes extérieures aux habitations en Éthiopie rurale.
Pour conclure, je préciserai que l'initiative de Jimmy Carter est une initiative privée, à laquelle le gouvernement américain ne participe d'aucune manière. Oui, Bush fait des efforts depuis peu dans la lutte contre la malaria, mais, comme le fait très justement remarquer Nicholas D. Kristof dans ce papier du Herald daté d'hier, «avec beaucoup moins d'énergie qu'il n'en met à augmenter le nombre de soldats en Irak».
Le dernier mot à Jimmy Carter : «Je pense que la guerre en Irak est l'une des pires erreurs que notre pays ait jamais commises, et il se peut que nous commettions une erreur encore plus grave en provoquant un conflit avec l'Iran. J'aimerais que nos priorités changent et qu'au lieu de nous concentrer sur la guerre, nous fassions un effort en faveur de la diplomatie et de l'humanitaire.»
Puisse-t-il être entendu... même si je n'y crois pas trop.
Quoi qu'il en soit, Monsieur Carter : respect !
Plus d'un Éthiopien sur cent est aveugle ; c'est énorme. Les responsables ? Chlamydia trachomatis, une bactérie qui se transmet par contact direct, et Onchocerca volvulus, une filaire. Je vous passe les détails -- même si personnellement j'aime à l'occasion me plonger dans le «Précis de Parasitologie Humaine» de mon toubib de père, un cours sur le sujet n'est pas le but de ce papier. Je me contenterai de préciser que tant Chlamydia qu'Onchocerca causent aux yeux des dommages irréversibles... et qu'il existe un traitement.
En cette époque où nous critiquons tous le triste Dubya pour son entêtement à rester coûte que coûte en Irak, un homme, dans l'ombre, réhabilite l'image des États-Unis. Et pas n'importe quel homme : l'ancien président Jimmy Carter, qui est parti en guerre contre le trachome et la «cécité des fleuves» -- ainsi que contre deux autres fléaux, la draconculose (due là encore à une filaire, aussi connue sous le nom de «ver de Guinée») et l'éléphantiasis. Déjà, grâce à l'action de Carter, la draconculose a presque disparu de la région ; la guerre qu'il mène contre les autres pathologies semble devoir également déboucher sur une victoire. Grâce à Carter... et aux laboratoires Merck, qui fournissent gratuitement la dose annuelle de Mectizan, qui semble ralentir le rythme de reproduction des filaires, évitant ainsi tant la cécité que les terribles démangeaisons provoquées par ce parasite.
Quid de la malaria et de l'éléphantiasis ? Les parasites responsables de ces deux pathologies étant véhiculées par les moustiques, la parade était simple : procurer des moustiquaires aux populations exposées. Quant au trachome, une hygiène accrue pourrait permettre de s'en préserver. D'où la construction, sous l'impulsion de Jimmy Carter toujours, de 350.000 toilettes extérieures aux habitations en Éthiopie rurale.
Pour conclure, je préciserai que l'initiative de Jimmy Carter est une initiative privée, à laquelle le gouvernement américain ne participe d'aucune manière. Oui, Bush fait des efforts depuis peu dans la lutte contre la malaria, mais, comme le fait très justement remarquer Nicholas D. Kristof dans ce papier du Herald daté d'hier, «avec beaucoup moins d'énergie qu'il n'en met à augmenter le nombre de soldats en Irak».
Le dernier mot à Jimmy Carter : «Je pense que la guerre en Irak est l'une des pires erreurs que notre pays ait jamais commises, et il se peut que nous commettions une erreur encore plus grave en provoquant un conflit avec l'Iran. J'aimerais que nos priorités changent et qu'au lieu de nous concentrer sur la guerre, nous fassions un effort en faveur de la diplomatie et de l'humanitaire.»
Puisse-t-il être entendu... même si je n'y crois pas trop.
Quoi qu'il en soit, Monsieur Carter : respect !
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