Histoires d'allumettes, Un
Buck Clayton rapporte une blague qui se déroula sur scène, avec l'orchestre de Count Basie.
«Earle Warren chantait une chanson qui s'intitulait 'I Struck a Match in the Dark'. Quand Basie prépara le spectacle que nous devions présenter au Paramount, l'introduction d'Earle à sa performance vocale fut théâtralisée, un peu comme dans les tours de chant de Frank Sinatra. Avant de chanter, Earle devait se tenir devant l'orchestre dans une obscurité totale et, juste avant que Basie fasse démarrer l'orchestre, craquer une allumette dont la flamme n'illuminerait que son visage. Nous avions répété le morceau jusqu'à ce que tout soit parfait. Les techniciens savaient qu'ils ne devaient pas illuminer la scène jusqu'à ce qu'Earle ait craqué cette allumette et que l'orchestre commence à jouer l'intro.
Le premier spectacle au Paramount s'est déroulé comme prévu. Earle a craqué l'allumette dans le noir, et c'était vraiment une jolie façon d'introduire la chanson. Mais le lendemain, quand il s'est levé pour chanter sa chanson, nous avons eu beau attendre, rien ne s'est passé. En fait, il n'arrivait pas à allumer ces fichues allumettes. Il en a craqué une et rien ne s'est passé. Il en a craqué une autre : même résultat. Il a commencé à paniquer, et le public, à se demander ce qui se passait. Earle a continué à craquer une allumette après l'autre et aucune ne s'est allumée. Basie a fini par comprendre qu'il y avait un problème et a lancé l'orchestre dans l'intro, tirant ainsi Earle d'un mauvais pas.
Plus tard, on m'a dit que Jo Jones s'était glissé sur scène entre les deux spectacles et, pendant que personne ne regardait, avait pris la boîte d'allumettes qu'Earle avait laissée sur scène et l'avait plongée dans un verre d'eau.»