Eddie Condon
Bon !
En plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les mains du pianiste sont en train de disparaître de ces pages. Adieu Putfile, bonjour Filelodge... et c'est du boulot. Surtout pour retrouver tous les CDs chroniqués en dix mois dans le chantier qu'est mon bureau en ce moment.
Le «Jazz Anecdotes» de Bill Crow, par contre, je sais où il est. Et j'en extrais cette relation par Max Jones de l'arrivée du guitariste Eddie Condon à son hôtel londonien, lors d'une tournée en 1957.
«Il était encore assez tôt et le réceptionniste demanda à Eddie s'il voulait un petit-déjeuner. Eddie demanda s'il était possible d'avoir du whisky au petit déjeuner.
- Dans un hôtel anglais, Sir, le client peut obtenir des boissons alcoolisées à toute heure du jour et de la nuit, lui fut-il répondu.
Condon posa un regard vitreux sur Gehman (NDT : Dick Gehman, ami de Condon et co-auteur de l'un de ses livres) et déclara :
- Dick, on s'occupe des journaux.
Ainsi débuta une conférence de presse qui se tint dans la chambre de Condon, et qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, tout comme l'ensemble de cette tournée d'ailleurs.
Tandis que Condon était étendu sur son lit, tout habillé et le chapeau rabattu vers l'avant, son bras droit, Ernie Anderson, demanda aux journalistes s'ils souhaitaient boire quelque chose. Ensuite, il décrocha le téléphone :
- Six grands whiskys, s'il-vous-plaît.
Condon marmonna :
- Et six grands docteurs.
D'autres journalistes arrivèrent, et d'autres whiskys furent commandés. Un ou deux journalistes, plus courageux que les autres, tentèrent de poser quelques questions. Par exemple, pourquoi Eddie ne prenait-il jamais de solos ?
- Si je ne prends pas de solos, c'est pour une bonne raison, répondit-il. Je ne m'y connais pas assez en guitare.
Comme on le priait de développer sa pensée, il ouvrit les yeux et déclara :
- Je suis un patron de saloon, pas un guitariste.
Un journaliste de quotidien, angoissé à l'idée de ne pas pouvoir livrer son papier à temps, demanda si Monsieur Condon pouvait consentir à répondre à ses questions en position assise. En le regardant par-dessous le rebord de son chapeau, Eddie promit de faire de son mieux et ajouta :
- Mais je ne suis pas un athlète.
En plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les mains du pianiste sont en train de disparaître de ces pages. Adieu Putfile, bonjour Filelodge... et c'est du boulot. Surtout pour retrouver tous les CDs chroniqués en dix mois dans le chantier qu'est mon bureau en ce moment.
Le «Jazz Anecdotes» de Bill Crow, par contre, je sais où il est. Et j'en extrais cette relation par Max Jones de l'arrivée du guitariste Eddie Condon à son hôtel londonien, lors d'une tournée en 1957.
«Il était encore assez tôt et le réceptionniste demanda à Eddie s'il voulait un petit-déjeuner. Eddie demanda s'il était possible d'avoir du whisky au petit déjeuner.
- Dans un hôtel anglais, Sir, le client peut obtenir des boissons alcoolisées à toute heure du jour et de la nuit, lui fut-il répondu.
Condon posa un regard vitreux sur Gehman (NDT : Dick Gehman, ami de Condon et co-auteur de l'un de ses livres) et déclara :
- Dick, on s'occupe des journaux.
Ainsi débuta une conférence de presse qui se tint dans la chambre de Condon, et qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, tout comme l'ensemble de cette tournée d'ailleurs.
Tandis que Condon était étendu sur son lit, tout habillé et le chapeau rabattu vers l'avant, son bras droit, Ernie Anderson, demanda aux journalistes s'ils souhaitaient boire quelque chose. Ensuite, il décrocha le téléphone :
- Six grands whiskys, s'il-vous-plaît.
Condon marmonna :
- Et six grands docteurs.
D'autres journalistes arrivèrent, et d'autres whiskys furent commandés. Un ou deux journalistes, plus courageux que les autres, tentèrent de poser quelques questions. Par exemple, pourquoi Eddie ne prenait-il jamais de solos ?
- Si je ne prends pas de solos, c'est pour une bonne raison, répondit-il. Je ne m'y connais pas assez en guitare.
Comme on le priait de développer sa pensée, il ouvrit les yeux et déclara :
- Je suis un patron de saloon, pas un guitariste.
Un journaliste de quotidien, angoissé à l'idée de ne pas pouvoir livrer son papier à temps, demanda si Monsieur Condon pouvait consentir à répondre à ses questions en position assise. En le regardant par-dessous le rebord de son chapeau, Eddie promit de faire de son mieux et ajouta :
- Mais je ne suis pas un athlète.
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