Looking for Lucky (Un)
Les avant-premières : des textes qui attendent vos remarques et vos critiques. Vos rectifications aussi, si nécessaire.
Un seul mot d'ordre ici : interaction !
C'était un de ces matins gris où l'on n'attend rien, sinon la fin de la journée. L'un de ces matins qui n'annoncent rien de bon. J'étais seul dans mon bureau, le dos vers la fenêtre, les pieds posés sur le coin de la table, et j'ouvrais le courrier du jour. Factures, factures, factures. Rien de bon, je vous dis.
Et puis, on a frappé à la porte. J'ai fait disparaître la pile de factures dans le tiroir du bureau, reposé mes pieds par terre et dit, «Entrez.»
Mais personne n'est entré. Je me suis levé, et ce n'est qu'en atteignant la porte que j'ai vu l'enveloppe qui dépassait, sous le battant. Je l'ai ramassée, et ouvert la porte. Personne dans le couloir ; bizarre…
J'ai déchiré l'enveloppe. Dedans, il y avait une lettre, et quelques billets. Pas grand-chose. Pas même de quoi payer ma dernière facture de téléphone. J'aurais pu en rester là, mais quelque chose me disait que ça valait peut-être le coup d'aller plus loin.
J'ai déplié la feuille de papier qui accompagnait les billets. Elle ne portait que deux mots. Un prénom, un surnom plutôt, et un nom. Lucky Thompson. Pas d'adresse, pas de signature. Rien que ce nom.
Lucky Thompson.
Le client avait frappé à la bonne porte. Le jazz, c'était mon dada. J'ai fermé le bureau pour le restant de la journée et je suis rentré chez moi.