Tranches de vie
Il faut savoir vivre dangeureusement...
Et pour ça, le Studio des Islettes est (était... je ne m'y ferai jamais...) «the place to be». En quel autre lieu la Lady aurait-elle pu être mordue dans le cou par un batteur italien ?
Nous avons réussi à communiquer, allez savoir comment. 5% de français, 15% d'anglais et 80% d'italien...
«I will be the meilleur batteur in Paris soon; so, remember my name... Well, you don't know my name; so, remember questa bella faccia».
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Rasul Siddik appelle chez Rich -- qui est parti dans le Sud pour un concert. Il lui faut un pianiste pour un gig dans un restaurant, le lendemain soir. Je finis par soutirer aux responsables du festival le numéro de téléphone de l'hôtel où ils sont descendus, je parle du gig à Rich, qui me répond : «Je ne crois pas que j'aie très envie de le faire, mais je vais rappeller Rasul quand-même». Cinq minutes plus tard, Rasul me rappelle : «Rich ne veut pas faire ce gig, il m'a dit de te demander à toi».
Ils sont fous, tous les deux.
Rasul finira quand-même par trouver un pianiste... et ils ne seront payés ni l'un, ni l'autre.
«Hey mec, tu vois ? J'ai bien fait de refuser...»
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Retour au Studio des Islettes...
Sur la vague surélévation qui tient lieu de scène, un géant du free jazz, le batteur Sunny Murray, annoncé en duo avec le sax ténor Arthur Doyle. Mais il y a un special guest, ce soir. Le sax alto Sonny Simmons, que Sunny présente comme «Le Fantôme du Studio des Islettes».
J'aime bien, moi. Je ne comprends pas tout, mais j'aime bien. Je bats la mesure du pied, enfin... j'essaie. George Brown, batteur de son état, et meilleur ennemi de Sunny, s'approche de moi et, de sa voix rauque, que nous aimons tous tant imiter, me lance : «Do you really like this shit?»