Pour rire aux la(r)mes...
Teddy Charles participa un jour à une émission pour la radio Voice of America, qui recevait aussi Milt Jackson. Comme les groupes jouaient chacun à leur tour pendant l'émission, Milt accepta, pour éviter qu'on perde du temps à installer les instruments de chacun, de jouer sur le vibraphone de Teddy. C'est Milt qui joua en premier, et quand Teddy prit sa place, il découvrit, trop tard, que Milt avait démonté sa pédale forte. Il dut jouer un morceau entier sans pouvoir tenir une seule note. Il se vengea en décalant la première rangée de lames d'un cran vers la gauche, de sorte que les lames de dièses et de bémols étaient toutes au mauvais endroit quand Milt rejoua.
«Ça n'a rien changé», commenta Teddy. «Il jouait quand-même mieux que moi !»
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Aux débuts du jazz, certains batteurs se virent imposer la présence d'un xylophone et d'un carillon parce que ces instruments faisaient joli sur scène, et qu'ils pouvaient ajouter une certaine couleur de temps à autre. Les batteurs qui devaient jouer de ces instruments n'y connaissaient généralement pas grand-chose. Earl Hines parla du premier xylophone de Zutty Singleton, qui faisait alors partie de l'orchestre de Carroll Dickerson, qui se produisait au Savoy Ballroom :
«Il n'avait qu'une note à jouer à la fin d'un morceau, mais tout le monde venait l'écouter jouer du xylophone. Il avait posé un morceau de papier sur la lame qu'il devait frapper, mais pendant l'entracte quelqu'un l'a déplacée, et quand l'orchestre est arrivé à la fin du morceau il a joué une note horriblement discordante. Tout le monde était mort de rire, et il ne savait plus où se mettre. Zutty a bien failli quitter l'orchestre sur le champ, ce jour-là.»