Décryptage

Publié le par Lady D.

Qu'on se le dise : Talkin' That Talk (Jean-Paul Levet, éditions Kargo, 2003) n'est pas un livre. C'est une bouée de sauvetage, à lancer en direction de tout naufragé de la terminologie jazz et blues. Au fil des 566 pages de cette réédition (bien augmentée par rapport à l'édition originale, et incluant des termes plus modernes), riche en citations ou paroles (de blues, essentiellement) qui replacent le terme dans son contexte, le lecteur apprendra tout, ou presque, sur :

     L'origine du surnom de quelques centaines de musiciens :
     Kenny (Clarke) got called Klook. It really should sound like Klook, because of something he used to do on drums, sort of a riff, he played that sounded like 'klook-a-mop'.

     La signification de nombreux termes du vocabulaire jazzistique :
     BLOCK-CHORD : Litt., bloc d'accords. Technique pianistique, caractéristique de Milt Buckner, où les deux mains jouent en accords, donnant par là l'impression d'être liées (on parle aussi de locked-hands style).

     SET : Pour un musicien, passage sur scène, souvent d'une trentaine de minutes.

     Mais Talkin' That Talk est aussi, avant tout même, un dictionnaire du langage de la rue, essentiellement Afro-Américain, avec tout ce que cela implique de références raciales et culturelles, et en cela, un outil précieux pour décrypter les paroles de la plupart des blues :
     THE MAN : 1. L'homme blanc.
       
Tell your married men
        How to keep young wives at home
        Just do a job and roll for The Man
        And try to carry your labor home.
(Outside Woman Blues, Blind Joe Reynolds, 1930)

     2. Par extension, la police.
       
I'd rather be sloppy drunk
        Sittin' in the can
        Than to be out in the streets
        Running from the man
(Sloppy Drunk, Leroy Carr, 1930)

     POTATO : Pomme de terre.
     1. Mec, type. Petite amie, jeune fille.
     2. Organes génitaux.
       
If you don't like my sweet potato
        What made you dig so deep
        Dig my potato field
        Three or four times a week
(You'll Never Miss Your Jelly 'till Your Jelly Roller Gone, Lil Johnson, 1929)

     Une mine de renseignements, présentés de façon intelligente et accessible. Le compagnon papier indispensable à l'amateur curieux !

Publicité

Publié dans au fil des pages

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Il est a nouveau indisponible le bouquin...Grrr
Répondre
L
Ah oui. Ça, c'est le genre de choses qui énerve !
L
Jazzfan,m'a dit...mais va voir...comme toujours je l'ai écouté!!<br /> et....j'ai bien fait....c'est un nectar ici...
Répondre
L
Merci à toi... Je te rends la politesse demain...
D
Ma chère Domi,j'apprécie ta culture jazzistique.<br /> Lors d'un concert au Carnegie Hall,le Count a permis à Freddie Green<br /> de se mettre en évidence,une merveille.<br /> Bisous bluesy
Répondre
L
Tu connais l'histoire ? Quand Basie a dû disperser son big-band à la fin des années 40 (plus de sous...), il a monté un... un quintet, je crois ; trompette, ténor, piano, basse, drums. Et l'ami Freddie s'ennuyait tellement qu'il est arrivé un beau jour, sa guitare sous le bras. Tout prêt à jouer même s'il devait ne pas être payé !C'est beau, le jazz, par moments...