A lire et à entendre
Stumbling fructueux ce matin... qui m'a menée vers plusieurs sites très intéressants. Commençons par The Autodidact Project, section Black Studies, Music, America vs. Europe, d'où j'extrais ce texte de Duke Ellington, fragment d'un discours qu'il prononça en 1941. Traduire du Duke n'est pas chose facile... j'aurai fait de mon mieux.
«On m'a demandé de baser mon discours sur le titre d'un poème très important écrit par l'éminent poète et auteur Langston Hughes : «We, too, sing America» («Nous aussi chantons l'Amérique»).
Dans ce poème, Mr. Hughes demande que le Noir soit reconnu démocratiquement en raison de sa contribution à la grandeur de l'Amérique, que ce soit sur le plan du travail, du courage ou de la culture. Cet argument est souvent repris dans la presse noire. On y rappelle à l'Amérique les actes de Crispus Attucks, de Peter Salem, des armées noires pendant la Révolution, la guerre de 1812, la guerre civile, la guerre contre l'Espagne et la Première Guerre Mondiale. De plus, on y rappelle à l'oublieuse Amérique que le Noir chante sans fausses notes, arguant qu'il n'y a nulle trace de traître noir dans les archives de l'histoire de notre pays. Mais je pense qu'il y a bien plus à dire sur ce sujet.
Nous jouons bien plus qu'un rôle mineur dans l'Amérique d'aujourd'hui. Bien que nous ne représentions que dix pour cent de l'énorme choeur qui, un oeil posé outre-Atlantique, chante «Amérique» avec ferveur, je dirais que ces dix pour cent représentent l'âme de ce choeur. Les sopranos, pour ainsi dire, la section rythmique, et les violons, qui montrent le chemin au reste de l'orchestre.
Je soutiens que le Noir est la voix créatrice de l'Amérique, que le Noir est l'Amérique créatrice, et que le jour où le premier esclave fut jeté sur ses côtes fut un jour béni pour l'Amérique.
Et nous avons construit les plus belles choses de ce «pays de liberté» où nous avions été conduits de force. Sa richesse, ses champs fertiles et ses belles maisons, ses jolies traditions et sa musique furent nos créations.
Nous nous sommes agités dans nos fers et notre agitation a éveillé le sens de la Justice dans le coeur de quelques hommes courageux, et c'est grâce à nous que l'Amérique a retrouvé le désir d'établir une vraie démocratie, où les hommes seraient libres et tous frères, deux principes sur lesquels le pays avait été fondé.
Nous avons été libérés et, comme avant, nous avons combattu pour l'Amérique, nous avons travaillé pour elle, nous lui avons donné de la musique, nous l'avons poussée à atteindre le but qui lui échappait encore, la démocratie -- jusqu'à devenir plus qu'une partie de l'Amérique. Et nous -- cette minorité qui s'est débattue, qui a crié, cette minorité sensible et exigeante -- sommes la personnification de l'idéal établi par les Pèlerins voici bientôt 350 ans.
C'est notre voix qui a chanté «Amérique» quand l'Amérique est devenue trop paresseuse, orgueilleuse et sûre d'elle-même pour chanter... avant que les menaces et les nuées ardentes de la destruction fassent d'elle un pays empli de frayeur.
Nous sommes plus que quelques cas isolés de courage, de valeur et de réussite. Nous sommes la piqûre qui a gardé en vie l'Amérique et les principes qu'elle avait oubliés au cours des années de corruption qui se sont écoulées entre sa conception divine et son présent tragique.»
«On m'a demandé de baser mon discours sur le titre d'un poème très important écrit par l'éminent poète et auteur Langston Hughes : «We, too, sing America» («Nous aussi chantons l'Amérique»).
Dans ce poème, Mr. Hughes demande que le Noir soit reconnu démocratiquement en raison de sa contribution à la grandeur de l'Amérique, que ce soit sur le plan du travail, du courage ou de la culture. Cet argument est souvent repris dans la presse noire. On y rappelle à l'Amérique les actes de Crispus Attucks, de Peter Salem, des armées noires pendant la Révolution, la guerre de 1812, la guerre civile, la guerre contre l'Espagne et la Première Guerre Mondiale. De plus, on y rappelle à l'oublieuse Amérique que le Noir chante sans fausses notes, arguant qu'il n'y a nulle trace de traître noir dans les archives de l'histoire de notre pays. Mais je pense qu'il y a bien plus à dire sur ce sujet.
Nous jouons bien plus qu'un rôle mineur dans l'Amérique d'aujourd'hui. Bien que nous ne représentions que dix pour cent de l'énorme choeur qui, un oeil posé outre-Atlantique, chante «Amérique» avec ferveur, je dirais que ces dix pour cent représentent l'âme de ce choeur. Les sopranos, pour ainsi dire, la section rythmique, et les violons, qui montrent le chemin au reste de l'orchestre.
Je soutiens que le Noir est la voix créatrice de l'Amérique, que le Noir est l'Amérique créatrice, et que le jour où le premier esclave fut jeté sur ses côtes fut un jour béni pour l'Amérique.
Et nous avons construit les plus belles choses de ce «pays de liberté» où nous avions été conduits de force. Sa richesse, ses champs fertiles et ses belles maisons, ses jolies traditions et sa musique furent nos créations.
Nous nous sommes agités dans nos fers et notre agitation a éveillé le sens de la Justice dans le coeur de quelques hommes courageux, et c'est grâce à nous que l'Amérique a retrouvé le désir d'établir une vraie démocratie, où les hommes seraient libres et tous frères, deux principes sur lesquels le pays avait été fondé.
Nous avons été libérés et, comme avant, nous avons combattu pour l'Amérique, nous avons travaillé pour elle, nous lui avons donné de la musique, nous l'avons poussée à atteindre le but qui lui échappait encore, la démocratie -- jusqu'à devenir plus qu'une partie de l'Amérique. Et nous -- cette minorité qui s'est débattue, qui a crié, cette minorité sensible et exigeante -- sommes la personnification de l'idéal établi par les Pèlerins voici bientôt 350 ans.
C'est notre voix qui a chanté «Amérique» quand l'Amérique est devenue trop paresseuse, orgueilleuse et sûre d'elle-même pour chanter... avant que les menaces et les nuées ardentes de la destruction fassent d'elle un pays empli de frayeur.
Nous sommes plus que quelques cas isolés de courage, de valeur et de réussite. Nous sommes la piqûre qui a gardé en vie l'Amérique et les principes qu'elle avait oubliés au cours des années de corruption qui se sont écoulées entre sa conception divine et son présent tragique.»
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Plus léger : une visite au site officiel d'Art Blakey, que je n'ai pas vraiment pris le temps d'explorer de fond en comble -- je me suis arrêtée à la section «Bu's Corner», ligne «Real Audio», où l'on trouve en écoute dix titres des Messengers... rien de bien neuf je vous l'accorde, «Along Came Betty», «Dat Dere», «Night in Tunisia», «Split Kick» et six autres plages, mais toujours aussi efficace pour arriver à ouvrir la seconde paupière.
Bonne écoute donc -- et à bientôt.
Bonne écoute donc -- et à bientôt.
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