Sir Alfred and Docteur Hitchcock
Je m'en suis vue, dites, pour retrouver cet article. Pas moyen de remettre la main sur le Herald Tribune dans lequel il était paru... quant aux archives online dudit Herald, elles ne sont consultables que pendant quelques jours.
N'étant point d'humeur à verser la modique somme de $ 4,95 au New York Times, j'ai appelé Google à la rescousse... et voilà le résultat.
Bon. N'attendez pas non plus une analyse professionnelle du sujet (qui était, je vous le rappelle, une courte étude du rapport d'Alfred Hitchcock à la musique). Je me borne à traduire plus ou moins l'article de Monsieur Edward Rothstein, laissant le soin aux connaisseurs qui visitent ces pages de s'exprimer.
Qui dit Hitchcock dit, bien sûr, Bernard Herrmann. Mais ce n'est là que la partie émergée de l'iceberg. Sir Alfred faisait plus que superviser le travail de son compositeur fétiche. Herrmann dit lui-même : «Seuls quelques réalisateurs connaissaient aussi bien qu'Hitchcock la bande originale d'un film et savaient le rapport étroit qui doit exister entre la musique et l'image.»
Ainsi la musique devient-elle chez Hitchcock un élément essentiel, soit qu'elle fournisse un indice précieux au spectateur, soit qu'elle lui dévoile quelque facette de la personnalité du personnage qui la chante... quand elle ne vient pas ponctuer l'action avec un zeste de cet humour noir so British qu'affectionnait Sir Alfred.
Des exemples ?
«Les 39 Marches» : Richard Hannay, pourchassé par ses ennemis à travers la lande écossaise, s'écrie : «Il faut que je me sorte cette fichue chanson de la tête !» -- fichue chanson qui l'amènera au coeur d'une affaire d'espionnage international, qu'il parviendra à déjouer.
«L'Ombre d'un Doute» : la nièce d'Oncle Charlie, également prénommée Charlie, d'ailleurs, s'exclame : «Je n'arrive pas à me sortir cette chanson de la tête !». Quelle chanson ? «La Valse de la Veuve Joyeuse»... qui l'amènera à soupçonner son oncle adoré d'être le meurtrier de plusieurs riches veuves.
«Fenêtre sur Cour» : La vieille fille suicidaire remercie avec effusion le compositeur de la chanson qui lui a redonné le goût à la vie : «Je ne peux pas vous dire ce que cette chanson représente pour moi !». Et pendant ce temps... Monsieur Thorwald assassine sa femme.
Hitchcock, affirme Jack Sullivan dans «Hitchcock's Music» (qu'on espère voir arriver dans les librairies françaises), ne se bornait pas à penser que le son devait servir l'image. Pour lui, l'image devait servir le son. «Tout au long de sa carrière», y écrit-il, «il a recherché la chanson qui correspondrait le mieux à l'action.» De «Fenêtre sur Cour», il écrit qu'il s'agit là de l'«expérience la plus audacieuse d'Hitchcock en matière de musique populaire.» Quant à «L'Homme Qui en Savait Trop», version 1956, il est, selon Sullivan, «tout entier centré autour de la musique». Mais si, souvenez-vous... «Que sera sera...»
Deux exemples enfin de l'humour de Sir Alfred. Dans «L'Inconnu du Nord-Express», un complot visant à assassiner la femme de l'un des protagonistes et le père de l'autre se déroule avec, en contrepoint, un orgue de Barbarie qui joue «Baby Face» -- rengaine sentimentale de l'époque. Et que dire de l'entrée de Cary Grant dans un hall d'hôtel, au tout début de «La Mort aux Trousses», au son de «It's a Most Unusual Day» («Un jour pas comme les autres») ? Bientôt, il sera précipité dans l'engrenage...
Voilà. J'ai fait ce que j'ai pu... maintenant, je laisse la place aux spécialistes de la BOF. Faites chauffer la boîte à comm !
Et je rappelle aux cinéphiles qu'il y a dans ce coin-ci de la blogosphère un site très intéressant, réalisé par Étienne, sur lequel je viens de trouver un petit post consacré à «La Corde» de Sir Alfred...
N'étant point d'humeur à verser la modique somme de $ 4,95 au New York Times, j'ai appelé Google à la rescousse... et voilà le résultat.
Bon. N'attendez pas non plus une analyse professionnelle du sujet (qui était, je vous le rappelle, une courte étude du rapport d'Alfred Hitchcock à la musique). Je me borne à traduire plus ou moins l'article de Monsieur Edward Rothstein, laissant le soin aux connaisseurs qui visitent ces pages de s'exprimer.
Qui dit Hitchcock dit, bien sûr, Bernard Herrmann. Mais ce n'est là que la partie émergée de l'iceberg. Sir Alfred faisait plus que superviser le travail de son compositeur fétiche. Herrmann dit lui-même : «Seuls quelques réalisateurs connaissaient aussi bien qu'Hitchcock la bande originale d'un film et savaient le rapport étroit qui doit exister entre la musique et l'image.»
Ainsi la musique devient-elle chez Hitchcock un élément essentiel, soit qu'elle fournisse un indice précieux au spectateur, soit qu'elle lui dévoile quelque facette de la personnalité du personnage qui la chante... quand elle ne vient pas ponctuer l'action avec un zeste de cet humour noir so British qu'affectionnait Sir Alfred.
Des exemples ?
«Les 39 Marches» : Richard Hannay, pourchassé par ses ennemis à travers la lande écossaise, s'écrie : «Il faut que je me sorte cette fichue chanson de la tête !» -- fichue chanson qui l'amènera au coeur d'une affaire d'espionnage international, qu'il parviendra à déjouer.
«L'Ombre d'un Doute» : la nièce d'Oncle Charlie, également prénommée Charlie, d'ailleurs, s'exclame : «Je n'arrive pas à me sortir cette chanson de la tête !». Quelle chanson ? «La Valse de la Veuve Joyeuse»... qui l'amènera à soupçonner son oncle adoré d'être le meurtrier de plusieurs riches veuves.
«Fenêtre sur Cour» : La vieille fille suicidaire remercie avec effusion le compositeur de la chanson qui lui a redonné le goût à la vie : «Je ne peux pas vous dire ce que cette chanson représente pour moi !». Et pendant ce temps... Monsieur Thorwald assassine sa femme.
Hitchcock, affirme Jack Sullivan dans «Hitchcock's Music» (qu'on espère voir arriver dans les librairies françaises), ne se bornait pas à penser que le son devait servir l'image. Pour lui, l'image devait servir le son. «Tout au long de sa carrière», y écrit-il, «il a recherché la chanson qui correspondrait le mieux à l'action.» De «Fenêtre sur Cour», il écrit qu'il s'agit là de l'«expérience la plus audacieuse d'Hitchcock en matière de musique populaire.» Quant à «L'Homme Qui en Savait Trop», version 1956, il est, selon Sullivan, «tout entier centré autour de la musique». Mais si, souvenez-vous... «Que sera sera...»
Deux exemples enfin de l'humour de Sir Alfred. Dans «L'Inconnu du Nord-Express», un complot visant à assassiner la femme de l'un des protagonistes et le père de l'autre se déroule avec, en contrepoint, un orgue de Barbarie qui joue «Baby Face» -- rengaine sentimentale de l'époque. Et que dire de l'entrée de Cary Grant dans un hall d'hôtel, au tout début de «La Mort aux Trousses», au son de «It's a Most Unusual Day» («Un jour pas comme les autres») ? Bientôt, il sera précipité dans l'engrenage...
Voilà. J'ai fait ce que j'ai pu... maintenant, je laisse la place aux spécialistes de la BOF. Faites chauffer la boîte à comm !
Et je rappelle aux cinéphiles qu'il y a dans ce coin-ci de la blogosphère un site très intéressant, réalisé par Étienne, sur lequel je viens de trouver un petit post consacré à «La Corde» de Sir Alfred...
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