La part des ténèbres
Des fans de Stephen King sur ces pages ? Des qui le considèrent comme plus qu'un auteur de best-seller ? Des qui ont frissonné comme moi en lisant «Sac d'Os» ou «Les Régulateurs» ? Des qui ont rêvé sur la poésie sombre d'«Insomnie» ? Des qui calent au milieu du quatrième tome de «La Tour Sombre» ?
Des qui ont failli verser une larme il y a quatre ans en apprenant qu'il pensait à prendre sa retraite ?
Des qui attendent maintenant le prochain, intitulé «Lisey's Story», à paraître aux États-Unis le 24 octobre ?
Pour leur mettre l'eau à la bouche, quelques mots de King lui-même : «La littérature, c'est comme le surf. Les six premières vagues sont bonnes, mais la septième est fantastique. Mais une fois sur sept, vous la ratez. Donc, il n'y a qu'une vague sur quarante-neuf qui est vraiment, vraiment fantastique. Voilà ce que je ressens au sujet de "Lisey".»
Bon, bien sûr, il ne va pas dire le contraire, non plus.
L'histoire ? Comme celle de «Sac d'Os», comme celles qui composaient le recueil «Différentes Saisons», elle contient des éléments de fantastique... mais pas que ça. «A la base», écrit Motoko Rich pour le «New York Times», «"Lisey's Story" est un livre qui parle du mariage et du voyage à travers la douleur que fait Lisey après la mort de son mari, écrivain à succès.» Quid du fantastique ? «Scott, puis Lisey, font des allers-retours entre notre monde et un monde parallèle, à la fois splendide et terrifiant, qu'ils appellent "Boo'ya Moon".»
On n'en saura pas plus... du moins, sur le livre lui-même. Par contre, sur les aspirations de King...
«Vous vous faites une réputation d'auteur de best-sellers», explique-t-il, «et vous voilà avec une étiquette. On vous accuse de facilité. Tout ce que j'essaie de faire, c'est de travailler dur et de m'améliorer. Je ne dis pas que "Lisey's Story" est de la prose immortelle, ni que ce livre deviendra un classique. Je dis juste que j'ai été étonné d'avoir ce livre en moi.»
Et... où l'a-t-il trouvé, ce livre ? Dans son expérience personnelle, comme souvent. Il y a trois ans, il fut hospitalisé un mois durant pour une pneumonie. Quand il rentra chez lui, il découvrit que sa femme, Tabitha, avait entrepris de réorganiser son bureau. Elle avait ôté les tapis, rangé la plupart de ses livres et de ses papiers dans des cartons... «Je suis entré dans cette pièce ; je pouvais à peine marcher, à peine respirer. Et je me suis dit, voilà à quoi ressemble un endroit quand la personne qui y vivait vient de mourir. Voilà à quoi ça ressemble, d'être un fantôme.»
Par contre, ne cherchez pas d'identification de King à son héros, Scott Landon. Dès les premières pages, le ton est donné : Landon a remporté le Prix Pulitzer et le «National Book Award» -- contrairement à King. Et au lecteur qui se demande si, par hasard, cet ouvrage ne serait pas un adieu au monde littéraire, King répond que telle n'est pas son intention.
Un dernier point : «Lisey's Story» est rempli de mots, d'expressions, tel qu'il en existe dans les couples, qui créent parfois leur propre langage, totalement hermétique aux autres. Ce que Motoko Rich appelle : «le patois commun du mariage». A ses débuts, et il l'admet volontiers, King était plus intéressé par l'histoire elle-même que par la façon de la raconter. Mais maintenant, le langage a pris pour lui une importance capitale. Un changement d'attitude qu'il explique par le fait qu'il lit beaucoup plus de poésie qu'avant. D.H. Lawrence ; Richard Wilbur ; James Dickey.
Et d'ajouter, philosophe et généreux à la fois, qu'il se soucie bien moins de son sort que de celui des bons auteurs sous-estimés par la critique. «On me lit, je fais vivre ma famille, tout va bien. Et d'ailleurs, rien de tout cela n'est très important. Soit les livres survivent à leur auteur, soit ils ne lui survivent pas. Je mourai un jour, et bien sûr que j'espère que mes livres me survivront. Mais cela ne dépend pas de moi.»
Vous, je ne sais pas. Mais moi... dès qu'il sort, celui-là, je me jette dessus !
Des qui ont failli verser une larme il y a quatre ans en apprenant qu'il pensait à prendre sa retraite ?
Des qui attendent maintenant le prochain, intitulé «Lisey's Story», à paraître aux États-Unis le 24 octobre ?
Pour leur mettre l'eau à la bouche, quelques mots de King lui-même : «La littérature, c'est comme le surf. Les six premières vagues sont bonnes, mais la septième est fantastique. Mais une fois sur sept, vous la ratez. Donc, il n'y a qu'une vague sur quarante-neuf qui est vraiment, vraiment fantastique. Voilà ce que je ressens au sujet de "Lisey".»
Bon, bien sûr, il ne va pas dire le contraire, non plus.
L'histoire ? Comme celle de «Sac d'Os», comme celles qui composaient le recueil «Différentes Saisons», elle contient des éléments de fantastique... mais pas que ça. «A la base», écrit Motoko Rich pour le «New York Times», «"Lisey's Story" est un livre qui parle du mariage et du voyage à travers la douleur que fait Lisey après la mort de son mari, écrivain à succès.» Quid du fantastique ? «Scott, puis Lisey, font des allers-retours entre notre monde et un monde parallèle, à la fois splendide et terrifiant, qu'ils appellent "Boo'ya Moon".»
On n'en saura pas plus... du moins, sur le livre lui-même. Par contre, sur les aspirations de King...
«Vous vous faites une réputation d'auteur de best-sellers», explique-t-il, «et vous voilà avec une étiquette. On vous accuse de facilité. Tout ce que j'essaie de faire, c'est de travailler dur et de m'améliorer. Je ne dis pas que "Lisey's Story" est de la prose immortelle, ni que ce livre deviendra un classique. Je dis juste que j'ai été étonné d'avoir ce livre en moi.»
Et... où l'a-t-il trouvé, ce livre ? Dans son expérience personnelle, comme souvent. Il y a trois ans, il fut hospitalisé un mois durant pour une pneumonie. Quand il rentra chez lui, il découvrit que sa femme, Tabitha, avait entrepris de réorganiser son bureau. Elle avait ôté les tapis, rangé la plupart de ses livres et de ses papiers dans des cartons... «Je suis entré dans cette pièce ; je pouvais à peine marcher, à peine respirer. Et je me suis dit, voilà à quoi ressemble un endroit quand la personne qui y vivait vient de mourir. Voilà à quoi ça ressemble, d'être un fantôme.»
Par contre, ne cherchez pas d'identification de King à son héros, Scott Landon. Dès les premières pages, le ton est donné : Landon a remporté le Prix Pulitzer et le «National Book Award» -- contrairement à King. Et au lecteur qui se demande si, par hasard, cet ouvrage ne serait pas un adieu au monde littéraire, King répond que telle n'est pas son intention.
Un dernier point : «Lisey's Story» est rempli de mots, d'expressions, tel qu'il en existe dans les couples, qui créent parfois leur propre langage, totalement hermétique aux autres. Ce que Motoko Rich appelle : «le patois commun du mariage». A ses débuts, et il l'admet volontiers, King était plus intéressé par l'histoire elle-même que par la façon de la raconter. Mais maintenant, le langage a pris pour lui une importance capitale. Un changement d'attitude qu'il explique par le fait qu'il lit beaucoup plus de poésie qu'avant. D.H. Lawrence ; Richard Wilbur ; James Dickey.
Et d'ajouter, philosophe et généreux à la fois, qu'il se soucie bien moins de son sort que de celui des bons auteurs sous-estimés par la critique. «On me lit, je fais vivre ma famille, tout va bien. Et d'ailleurs, rien de tout cela n'est très important. Soit les livres survivent à leur auteur, soit ils ne lui survivent pas. Je mourai un jour, et bien sûr que j'espère que mes livres me survivront. Mais cela ne dépend pas de moi.»
Vous, je ne sais pas. Mais moi... dès qu'il sort, celui-là, je me jette dessus !
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