11 septembre
Pour une fois, au lieu de me ruer sur les mots croisés, j'ai pris le temps de feuilleter le Herald Tribune. Et j'y ai trouvé deux articles sur lesquels j'ai eu envie de m'arrêter.
Le premier n'est pas très gai. Sous le titre «The other victims of Sept. 11», il se penche sur le cas des milliers de personnes qui, dès le lendemain de la catastrophe, ont entrepris d'évacuer les tonnes de gravats. Parmi ces 40.000 personnes, des pompiers et policiers new-yorkais bien sûr, mais aussi des ouvriers métalliers, des secouristes, et de simples volontaires, venus du pays tout entier.
On leur a assuré que les fumées qui se dégageaient encore des ruines plusieurs jours après n'étaient pas toxiques ; d'ailleurs, il n'y avait pas assez de masques pour tout le monde. Et, cinq ans plus tard, les chiffres tombent, implacables : selon une étude menée sur 9.500 patients par le Mount Sinai Hospital, sur dix personnes qui ont travaillé sur le site, sept souffrent de problèmes respiratoires nouveaux ou aggravés. Ceux qui sont arrivés les premiers étant bien sûr les plus touchés.
L'administration Bush a débloqué des fonds. 52 millions de dollars. Une belle somme, oui. Mais... divisez-la donc par 28.000. Vous arriverez au même résultat que moi : 1.450 euros.
J'ajoute que jusqu'ici, pas un centime de cette somme n'a effectivement servi au suivi médical ni au traitement des patients. Quant à savoir où est passé l'argent...
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Le second article est plus léger. De notre point de vue du moins. Du point de vue de la mante religieuse ou de l'araignée à dos rouge d'Australie... un peu moins peut-être.
Là, vous devinez sans doute de quoi traite cet article : du cannibalisme sexuel. Le fait est connu, mais les raisons de ce comportement le sont moins. D'ailleurs, même les chercheurs se chamaillent. La mante religieuse confond-elle le mâle avec une proie ? Ou fait-elle tout simplement preuve d'un appétit d'ogresse ? A moins qu'il s'agisse là d'un sacrifice consenti par le mâle, désireux de voir sa femelle repue et en bonne santé, accroissant par là-même les chances de donner naissance à une progéniture saine et résistante ?
Et si les choses étaient plus compliquées que ça ? Penchons-nous sur le cas de l'araignée à dos rouge d'Australie. Le rapport entre Monsieur et Madame dure deux fois plus longtemps si Monsieur accepte de se faire dévorer que s'il adopte une stratégie de fuite. Normal. Ce qui l'est moins, c'est qu'il donnera naissance à deux fois plus de bébés araignées. Voyez-vous, non seulement Monsieur possède deux organes sexuels, mais il trouve encore dans son agonie le temps de placer une sorte de «bouchon» dans les réceptacles séminaux de Madame, empêchant ainsi qu'un autre mâle la fertilise. Si je puis me permettre, il fait coup double.
Encore plus étonnant : chez les mâles de l'espèce apparaît, bien avant les premiers accouplements d'ailleurs, une sorte de «ceinture» qui leur comprime l'abdomen. Version arachnoïde de la cravate ? Que nenni. Il semble que cette ceinture repousse les organes vitaux de Monsieur hors d'atteinte des mandibules de Madame, en même temps qu'elle freine l'écoulement des fluides vitaux en cas de blessure. Ce qui lui laisse le temps d'accomplir son devoir... avant de servir de petit en-cas !