Été 1997 - Intro
A l'été 1997, j'ai vécu une aventure unique et inoubliable. J'ai passé quinze jours sur les routes avec une poignée de musiciens d'exception - Bayonne, Moulis, Ax-les-Thermes, Paris, Metz, Paris à nouveau, La Seyne-sur-Mer...
Bien sûr, je suis revenue avec une sorte de journal de bord, que j'ai peaufiné et mis au propre... et que je cherche désespérément depuis des semaines. Pas moyen de remettre la main sur cette douzaine de feuilles. Et c'était il y a neuf ans. Une éternité. Si je me lance sans l'avoir relu, je sais que je vais en oublier la moitié.
Je poursuis les recherches ! Mais en guise d'introduction, laissez-moi vous présenter rapidement mes compagnons de route.
En fait, l'aventure s'est déroulée en deux parties. Une dizaine de jours avec le trio de Sir Roland Hanna, merveilleux styliste du piano hélas disparu, lequel était complété par Richard Davis, bassiste fantas(ti)que (ci-après nommé «le Prof») et par Andrew Cyrille, batteur historique de la mouvance free (il fut des années durant le partenaire de Cecil Taylor) et bopper plus qu'honorable à l'occasion.
Après dix jours, Roland s'en est retourné aux États-Unis, et c'est le Prof qui a endossé le costume de leader quelques jours durant. Andrew était toujours là, et mon complice Alain (organisateur de la tournée et producteur du CD qui s'ensuivit) avait déniché un pianiste nommé Curtis Clark. Augmenté de Ricky Ford au ténor, le trio a gravé un CD pour Marge, le label de Gérard Terronès, avant de conclure la tournée par un dernier concert au festival Jazz à Fort Napoléon de La-Seyne-sur-Mer. Sans Ricky, mais avec en première partie le merveilleux Andrew Hill, en solo.
J'ai perdu mes notes... mais chaque instant passé en compagnie de Curtis est resté gravé dans ma mémoire. L'un des types les plus allumés que j'aie jamais rencontré -- et je peux vous dire que le Prof n'est pas près de l'oublier, lui non plus !
Rendez-vous très bientôt dans ces pages, donc, pour une rencontre avec Curtis Clark... dont vous ne sortirez pas indemnes !