Jeux de mots

Publié le par Milady

   En déblayant le chantier, je suis tombée sur un petit livre dont j'avais oublié jusqu'à l'existence : l'«Abrégé de Littérature Potentielle», paru aux Éditions Mille Et Une Nuits.
   Littérature potentielle ?
   Mais si. L'Oulipo, ça vous dit quelque chose, quand-même. L'Oulipo : l'OUvroir de LIttérature POtentielle, mouvement littéraire né en 1960 sous l'impulsion de Raymond Queneau (redoutable manieur de mots, souvenez-vous de ses «Exercices de Style») et François Le Lionnais, dont quelques membres ont nom Italo Calvino, Marcel Duchamp et Georges Pérec -- oui, celui de «La Disparition», ce roman tout entier écrit sans qu'y soit utilisée une seule fois la lettre «e».
   L'Oulipo, c'est de la littérature qui se complique la vie. Comme dit Raymond Queneau, l'auteur oulipien est «un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir».
   Parmi ces labyrinthes, le lipogramme, sur lequel est basée «La Disparition». On peut même traduire un texte tout à fait normal en lipogramme. Exemple : le premier quatrain d'un sonnet de Baudelaire. D'abord, l'original :

   Les Chats.

   Les amoureux fervents et les savants austères
   Aiment également, dans leur mûre saison,
   Les chats puissants et doux, orgueil de la maison
   Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

   Ensuite, la traduction lipogrammatique :

   Nos Chats.

   Amants brûlant d'amour, savants aux pouls glaciaux,
   Nous aimons tout autant dans nos saisons du jour
   Not chats puissants mais doux, honorant nos tripots
   Qui, sans nous, ont trop froid, nonobstant nos amours.

   A l'opposé du lipogramme, le monovocalisme : toutes les voyelles sont bannies, sauf une. Extrait de «What a Man !» -- une oeuvre de Pérec encore, maître incontestable du genre. Vous l'aurez deviné, la seule voyelle admise est le «a»...

   «Smart à falzar d'alpaga nacarat, frac à rabats, brassard à la Franz Hals, chapka d'astrakhan à glands à la Cranach, bas blancs, gants blancs, grand crachat d'apparat à strass, raglan afghan à falbalas, Andras MacAdam, mâchant d'agaçants partagas, ayant à dada l'art d'Allan Ladd, cavala dans la pampa».

   Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, n'est-ce pas ?
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Publié dans jeux de lettres

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K
Mon ex m'avait fait découvrir ça il y a très longtemps...<br /> <br /> De Perec, j'ai lu aussi les 'Revenentes", très drôle ! ;) je me rappelle bien des passages érotiques là dedans, il pastichait énormement le Marquis de Sade...
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M
Eh bien Kfigaro ?!?Ravie de ton passage ! A plus, ici ou ailleurs.
C
c'est pas Oulipo mais c'est chaud : bien à toi , lady d'humour !
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C
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M
Mais que j'aime Garfield... Dites-moi, rayon BD, je suis gâtée, en ce moment !Bisounounours à toi.
F
"Grand crachat d'apparat à strass" ca a quand meme de la geule comparé à "big glaviot de frime a reluire"!?et "Grand crachat d'apparat à strass for satin doll" c'est carrémént le Duc en queue de pie dans la galerie des glaces en train de pianotet nonchalamment l'intro de "Take the A train"...Qu'en penses tu l'artiste?! :-))
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M
Farid, un mot, pas plus, car... Oulipo du matin = chagrin ! Trop tôt pour partir dans d'aussi abstrus loisirs (oui, oui, d'accord, mots dits jadis, pardon).Toujours un grand plaisir aux comms par toi inscrits dans mon CoinCoin jazzy.Ah ah ! Tu as vu ça ?A plus, ici ou là... qui sait ?
L
faut viendre en Gelbique !On l'a trouvé chez Filigranne une librairie immmense à bruxelles, et offert à une ccopine  c'est un superbe ouvrage !
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M
Dis-moi Foxy-Woxy, c'est bien celui où les pages sont découpées en bandes portant chacune un vers, ce qui autorise des milliers et des milliers de combinaisons possibles ?