Un passé...

Publié le par Lady D.

   - Cat.
   - Oui ?
   - Explique-moi. Le vent, les vagues et le temps qui passe.
   Elle m'a souri, comme à un enfant qui pose trop de questions.
   - Tout change très vite, ici. Un jour, bientôt, même cette bande de sable que tu vois là-bas aura disparu, grignotée par l'océan. À marée haute, il n'y aura plus que de l'eau. Et à marée basse, une sorte de plateau qui affleurera à peine sous la surface de la mer. Et lui - elle s'est tournée vers la forêt, a eu un geste du bras vers le blockhaus planté sur un tertre, parmi les pins -, il sera toujours là.
   Je comprenais ce qu'elle voulait me faire comprendre. Ici, les choses étaient inversées. Ce qu'avait construit l'homme, au plus fort de sa folie meurtrière, survivrait tandis que la nature détruirait seule l'endroit magique qu'elle avait créé.
   Cat s'est levée.
   - Je reviens.
   Je l'ai entendue ouvrir, refermer le coffre de la voiture. Un instant plus tard, elle posait près de moi une sacoche grise, en sortait un appareil photo, un reflex sans âge, choisissait un objectif.
   Elle s'est tournée vers le blockhaus, que la chaude lumière du soir teintait d'or, le rendant encore plus sinistre, encore plus incongru parmi toute cette beauté, cette sérénité. Le bruit sec du déclencheur, le crissement du levier d'armement ont troublé le silence, par deux fois. Elle travaillait vite, sans hésitation.

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   Par des petites rues, elle a rejoint la route de la côte. Je reconnaissais le chemin, la grande maison blanche aux volets fermés et au toit en ardoises, qui ressemblait tellement à un château de conte de fées en miniature, puis le phare rouge et blanc et cette immense hôtel biscornu. C'était la route que nous avions empruntée deux fois, en juin, pour nous rendre dans ce lieu que j'aimais tant. Mais Cat a ralenti, garé la voiture.
   De l'autre côté de la route, un chemin de terre longeait un triangle d'herbe jaunie et pelée. Sur notre gauche, une haie épaisse masquait la mer. Une cinquantaine de mètres plus loin, on la voyait enfin, immense, chatoyante. Nous étions sortis de l'estuaire, et plus rien n'arrêtait le regard. À droite, il y avait des maisons et, dans certains jardins, une masse de béton grisâtre. Cat a suivi mon regard.
   - Plutôt cool comme abri de jardin, non ?
   - Je suppose que la tondeuse à gazon n'a pas grand chose à craindre.
   - Il y en a même qui ont transformé leur blockhaus en cuisine d'été, ou en chambre d'amis. J'aime bien l'idée.
   Moi aussi, j'aimais bien l'idée. Je n'aurais pas su dire exactement pourquoi, mais je sentais que c'était pour les mêmes raisons qu'elle.

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Publié dans petits riens

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F
"précisait" avec un "t", bien joué duglin ;-))
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L
Chez vous aussi ils sont tagués, les machins ? Ceux en pleine forêt ont-ils un petit écriteau genre «Défense d'entrer propriété du Ministère de l'Intérieur» ou quelque chose dans ce genre ?
D
Nous visitons la même époque,blockhaus et zazous.<br /> Les traces d'un temps passé,mais toujours si présent.<br /> Zazou et bisou vont si bien ensemble.
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L
... Sauf que ta visite est bien plus gaie que la mienne !Zazoubizous mon Dukounou !
F
et comme je le précisait plus tôt, dans le boulonnais !<br /> @++
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L
Oui ! Mais on n'y est pas !!!
K
on se croirait sur les côtes du nord !!!
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