Evolution

Publié le par Lady D.

   Nette et sans bavure, la réponse du Gardien de la Jazzothèque ! Vous aviez donc dans les oreilles un petit bout du Evolution... Circonvolution (Avel Ouest CD AV 001) concocté en 2001 par le Jazz Unit 106, formation «d'origine bretonne et d'humeur internationale», pour reprendre les mots d'Yvan Amar.
   A la tête de ce joli tentet, un contrebassiste,  Gildas Scouarnec. Sonorité ronde et pleine, sens infaillible de la nuance, et abnégation de bon aloi malgré son statut de leader : il est le pivot d'une solidité à toute épreuve autour de laquelle s'articule une rythmique phénoménale : au piano, le fantasque Tom McClung, membre du quartet D'Archie Shepp depuis quelques années ; à la batterie, un grand bonhomme nommé George Brown ; on aimerait entendre plus souvent ce drumming léger et merveilleusement stimulant, cette pertinence, cette musicalité... But, you know, happenstances...

   Greffez sur cette jolie rythmique une belle brochette de solistes : à la trompette, Sylvain Gontard et l'excellent Fabien Mary, entendu au sein du Paris Jazz Big Band, de la Swing Machine de Gérard Badini, du Quintet/Sextet de Xavier Richardeau, bien sûr ; au trombone, Frédéric Burgazzi, sonorité feutrée et swing en filigrane ; aux saxophones, une belle triplette : David Sauzay, Claudio «Cacao» de Queiroz et Jean-Michel Couchet, auteur de quelques solos plein de sève -- mais il sait aussi se montrer d'une tendresse infinie : voir «Valse pour Margot» ; à la guitare enfin, le discret Jean-Luc Roumier, partenaire de prédilection de Gildas depuis quelques années déjà, qui évoque parfois Wes Montgomery...

   Côté répertoire, que du bon. Trois standards increvables, rajeunis par les arrangements fouillés de Matias Pizzaro («Que Reste-t-Il de nos Amours» et «Ask me Now») et Slide Hampton («You Don't Know What Love Is») ; trois compositions empruntées à deux saxophonistes majuscules qui se produisent à l'occasion avec le Jazz Unit : les «Steam» et «Hope 2» de Shepp et le «3 D Family» écrit et arrangé par David Murray (phénoménal travail d'orchestre et bons solos de Queiroz, Burgazzi et Couchet) ; et trois originaux de la plume de Gildas -- parce que cet homme-là compose, en plus, et comment ! Écoutez plutôt la délicate «Valse pour Margot», le «93-94» aux accents latins et ce «U Turn» sombre et urgent, magnifiquement arrangé par Eric Schultz...

   Rien de révolutionnaire sur ce Evolution... Circonvolution ; juste une musique sincère et généreuse qui conjugue tradition et modernité avec une inventivité de tous les instants. Ce qui n'est déjà pas si mal !

 

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Publié dans disques de chevet

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F
Oh, parlons de René Thomas, puisque TT lance le sujet: en voilà un qui a su travailler le son et le phrasé! Rien à voir avec ses confrères, même les plus doués comme Jimmy Gourley ou Jimmy Raney, même si ces derniers sont de grosses influences pour lui. C'est mon guitariste préféré, et surtout un de mes musiciens préférés. Il a développé les innovations de Charlie Christian et de Django Reinhardt à un point...Et Scofield? Personne n'en parle? Personnellement, je trouve qu'il est le plus novateur des guitaristes actuels (je trouve qu'Abercrombie manque de swinguant, que Metheny est ch[CENSORED]ant, et que McLaughlin est frustrant, trop de notes pour peu de chant).Et n'oublions pas Wes Montgomery! Quelles phrases, quel son!Personnellement, les guitaristes qui m'ont donné des frissons (la virtuosité ne m'épate pas tant que ça, je parle de chaleur musicale) sont: René Thomas, Grant Green, Jimmy Gourley, René Mailhes, John Scofield, et j'en passe...J'aime aussi beaucoup Jimmy Raney et Kenny Burrell, mais je les trouve un peu plus froids que les précédents.
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T
C'est exactement ça . Et c'est même plus encore. Tout le travail des bruits de hanche pour les saxophonistes ou des souffles assumés pour les trompettistes, qui ont fini par faire partie intégrante du son de ces instruments, les différenciant définitivement de la tradition classique qui cherchait à supprimer tous ces bruits superflus et considérés comme laids.Le piano jazz sonne de manière très différente du piano classique aussi. Par contre la guitare n'a jamais su utiliser ( ou rarement) les possibles de son son, particulièrement avec l'électricité. Joe pass en est l'exmple type, brillantissime pour ce quii est de l'harmonie (ses renversement d'accords sont encore maintenant un exemple), il sonne comme plein de guitaristes alors que l'électricité apportait avec les amplis des possibilités infinies. Ca me rappelle cette anecdote ou Larry Coryell essayait de rivaliser avec Hendrix. Sur scène, il a joué un paquet de notes impressionnants et (c'est Vernon Reid, je crois qui racontait ça) et il a suffit à Hendrix de faire un "Waoooooooooooow) avec sa guitare pour faire oublier tout ce qui avait précédé. Et Coryell de dire lui-même qu'il allait retourrner à ses études de Joe Pass parce qu'il ne pouvait pas rivaliser avec ça. La musique, ce n'est jamais de la virtuosité, c'est avant tout un sonLa recherche sonore est indissociable de la musique et encore une fois, les guitaristes électriques ont un peu loupé le coche, sonnat toujours avec cette effroyable réverb qu'on entend depuis la nuit des temps jazzistiques. Ce qui bien sûr, n'enlève rien à l'immense talent de certains virtuoses du rasoir à six cordes.
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L
Et ce qui est amusant au sujet de la propreté du son, c'est que la polémique est toujours d'actualité. Il n'y a qu'à voir le petit édito de Kevin : «Entendre la critique dire que tel ou tel groupe a un son trop propre et une production trop soignée doit nous faire rire ou pleurer ? Qu' un travail rigoureux , efface l'âme d'un groupe. Aiiiiie!!!!! ou allons nous!»Anecdote : je ne sais plus quel saxophoniste swing était tombé dans les années 60 sur un ingénieur du son qui... s'ingéniait à nettoyer la bande de tout bruit de souffle. Il lui a dit : «Tu fais comment si tu enregistres Ben Webster ? Tu vas avoir 60 minutes de silence !»C'est vrai qu'il y a peu de sons dirty chez les guitaristes... Faudrait pas que la corde grince, surtout ! Faut bien mettre les petits doigts pour avoir un joli son ben pur et bien clair !Et l'oreille, (dé ?)formée par des années de guitare propinette, rejetterai immédiatement le guitariste qui traiterait son instrument comme un Ben Webster, tiens, traitait son ténor dans ses paroxysmes growlés...
T
Django avait déjà imprimé son style  dans les années 30, avant Charlie Christian, non?Pour les autres, je ne dis pas qu\\\'il n\\\'y a pas eu de brillants guitaristes (René Thomas, mon petit Belge ), la palme bien sûr à Wes mais le jazz n\\\'a quand même jamais été une musique qui a utilisé la guitare à merveille et l\\\'a poussée dans ses derniers retranchements comme c\\\'est le cas avace les cuivres , qui bien sûr sont rois .
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L
Je crois que je vois ce que tu veux dire.Que malgré les avancées techniques en tous genre, la guitare est restée à la traîne -- et je ne parle pas de l'utilisation de diverses machines à bidouiller le son, qui produiraient des choses peut-être assez choquantes dans un contexte purement jazz, mais de la maîtrise/approche de l'instrument. L'évolution a été manifeste chez les contrebassistes, par exemple (d'un doigt on passe à deux, puis trois). Les saxes, bien aidés par les petites améliorations techniques de l'instrument (que ce soit au niveau des anches, des becs ou de l'ergonomie de l'instrument) ont développé leur vélocité. Apparition aussi de la respiration circulaire. Mais côté guitare... pas d'amélioration technique de l'instrument lui-même, ça se joue toujours avec autant de doigts qu'il y a soixante ans... peut-être est-ce de là que vient l'absence d'un vrai révolutionnaire de l'instrument comme ont pu en connaître la basse (Blanton) ou le sax (Bird et Trane).Pourtant, le piano est dans le même cas. Toujours autant de touches, toujours autant de doigts... alors ?Autre possibilité : pendant la Golden Era des big bands (qui reste quand-même la meilleure école qui soit pour un musicien), le guitariste n'avait qu'un rôle de rythmicien... sauf Charlie Christian. Absence donc de recherche de la part des leaders et/ou arrangeurs. Voir aussi le nombre réduit de groupes avec un guitariste comme leader.
P
même après... McLaughlin, Joe Pass, Marc Ribot, Terje Rypdal, Grant Green (hum... pas tellement après ça...) Abercrombie... <br />  
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P
rôôôôôô évènement historique chez Félix, et j'y suis pour rien! C'est trop d'émotion, c'est trop d'bonheur... par contre ne risques tu pas de te sentir dépossédé et d'en développer une certaine animosité à mon égard??? J'y suis pour rien moi...<br />  
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L
Tu veux rire ?<br /> VENGEANCE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!