Du coq à l'âne

Publié le par Lady D.

   Quand j'étais tout petiote, nous habitions en centre ville, dans une petite maison où il était quasiment impossible de faire un pas sans marcher sur un chat (je me souviens que l'un d'eux avait été baptisé «J'entre-Je-Sors», ce qui reflétait fidèlement ses habitudes). Aux nôtres s'ajoutait parfois un visiteur venu en voisin, un Siamois adorable, mais affligé d'un strabisme prononcé. Combien de fois rata-t-il la porte d'entrée pour se cogner dans le mur, avant de me jeter un regard désolé...
   Devant la maison, il y avait un jardinet en pente, qui descendait doucement vers la rue, et était séparé du jardinet voisin par une simple murette.
   Vous savez comment sont les chats ; ils ont leurs habitudes, eux aussi. Ils aiment à faire le tour du propriétaire, histoire de s'assurer que nul rival n'est en vue. L'un de nos chats, dans sa ronde quotidienne, bondissait de la terrasse sur la murette, qu'il descendait jusqu'à la rue, avant de disparaître pour vaquer à ses occupations de chat.
   Vint l'hiver. Une averse, une nuit froide... Au matin, notre chat bondit sur la murette, comme à son habitude, et s'engagea dans la pente d'un pas majestueux. Vous devinez la suite : le chat dérapa, décrivit un gracieux arc de cercle et s'écrasa en bas de la murette avant de s'éclipser, honteux... et nous jetant, à nous qui riions méchamment, un regard empreint de rancune.
   Il n'y eut pas de représailles. Par contre, il se passa plusieurs mois avant qu'il ose remonter sur la murette !

   Bien des années plus tard, nous voilà à la campagne, au milieu des poules et des lapins -- et de quelques chats, encore. Une couvée de poussins vient de naître. Ma mère les a installés, eux et la poule, dans un petit enclos grillagé, à l'intérieur du poulailler. L'un des poussins a la mauvaise idée de passer la tête par un trou du grillage... et se fait, bien entendu, piquer par l'une des autres poules. Nous le retrouvons sinon inerte, du moins pas très fringant, et le ramenons à la maison pour essayer de le sauver.
   Il passe la nuit dans une petite boîte tapissée de vieux chiffons, contre une bouillotte de fortune (simple flacon en verre rempli d'eau chaude). Au matin, aucune amélioration.
   Adieu, petit poussin ? Pensez donc. Tout à coup, de furieux «piou-piou» s'échappent de la boîte. Cinq minutes plus tard, notre poussin arpente la cuisine d'un pas décidé, piou-pioutant à perdre haleine. Le voilà sauvé. Il ira rejoindre ses frères et soeurs dans la soirée.
   Petit poussin grandit. Quand nous entrons dans le poulailler, il court vers nous. Il nous a adoptées. Bientôt, je découvre qu'il adore les mouches et, chaque fois que je vais dans le poulailler, je lui en attrape quelques unes. Dans sa petite cervelle de poulet, il finit par associer le claquement de mes mains avec la mouche qu'il va manger. Pas si bête ? C'est à voir. Parce que bientôt, il associe le fait de me voir les mains écartées de part et d'autre d'une mouche avec la suite logique des choses. Il accourt... et la mouche s'envole.

   Nous avons aussi eu un coq aveugle et un merle... mais ceci est une autre histoire !

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Publié dans histoires de bêtes

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P
"J'entre-Je sors"... Mes chats sont comme ça aussi...<br /> J'adore lire tout plein d'anecdotes sur les animaux... Parce que quand même, ils nous font bien rire parfois. En tout cas j'attends la suite avec le coq aveugle et le merle...<br /> Bisous et bonne soirée... ^^
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L
J'avais acheté à ma Maman un petit bouquin intitulé «Zen pour les chats», qui est un petit bijou de finesse et d'humour... Je me souviens d'une phrase : «Trouver où les chemins se croisent et se coucher juste au milieu». C'est tellement vrai.
M
Délicieuse façon de parler de ces animaux que tu as cotoyés…Bonne journée. Bises.
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L
Merci !Bonne journée à toi aussi.