Kenny s'en va-t-en guerre
Au cours de ma tournée matinale, j'ai découvert, sur l'excellent blog de l'écrivain et critique de jazz Doug Ramsey, deux extraits d'un essai écrit par le pianiste Kenny Drew Jr., et consultable sur le site «All About Jazz» (http://www.allaboutjazz.com/php/article.php?id=21243). Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ami Kenny n'aime pas le rap - et, ma foi, ses arguments se tiennent.
«... quand j'ai commencé à étudier la musique, on m'a dit qu'elle se composait de trois éléments : la mélodie, l'harmonie et le rythme. La musique rap (un oxymoron comparable à «l'intelligence militaire» ou à «l'énorme crevette») a rejeté les deux premiers éléments et n'a conservé que le rythme. Puisqu'un seul des éléments qui composent la musique est présent dans la majeure partie de cette merde, on ne peut pas l'appeler musique. Notre culture s'est appauvrie à ce point que l'Américain moyen ne peut plus faire la différence entre un musicien véritablement grand et quelqu'un qui a étudié un instrument pendant une semaine.
J'ai récemment découvert qu'il y a maintenant une forme de rap appelée le «coke rap», dans lequel les paroles traitent principalement de la vente, de la distribution et de l'utilisation de la cocaïne et du crack. Je trouve obscène qu'une maison de disques essaye de faire des bénéfices avec un produit qui a décimé la communauté noire autant que le crack l'a fait. J'espère qu'un jour, étendu au bord de la piscine de sa villa somptueuse, une nuée de groupies autour de lui, 50Cent se demandera combien de vies ont été ruinées par le poison qu'il avait l'habitude de vendre, et combien de vies supplémentaires seront potentiellement gâchées par le poison musical qu'il vend maintenant.»
«Drew», ajoute Doug Ramsey, «revient plus longuement et avec beaucoup de véhémence sur l'influence que le rap et le hip-hop ont sur la société américaine, de par les messages qu'ils contiennent au sujet des drogues et de la soumission des femmes et par l'apologie qu'ils font de la violence.» Fort justement, il conclut que si Drew n'est pas le premier à aborder ce sujet (Gene Lees, rappelle-t-il, l'avait abordé il y a des années dans sa «JazzLetter»), il est jeune et noir, ce qui laisse espérer que son message retiendra ne serait-ce qu'une infime partie de l'attention de la communauté noire américaine.
Pour l'anecdote, j'ai basé ma traduction sur celle fournie par http://babelfish.altavista.com, qui ne s'en est somme toute pas trop mal sorti sur ce coup-là, sauf peut-être dans cette phrase, la première du paragraphe ci-dessus : «A dessiné obtient plus coloré et détail au sujet de quel coup sec et dur et hanche-houblon font au tissu de la société américaine».
Comprenne qui peut...
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