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   [ Un petit hors-sujet pour commencer : Poulbot m'a dit, en gros : «S'il y a des vidéos qui t'intéressent, tu n'as qu'à te servir». Des vidéos qui m'intéressent sur ses deux blogs, il y en a, et bien plus d'une. Alors, je préfère les ajouter en lien dans la colonne de droite. Pour des épisodes de «Friends», d'«Alfred Hitchcock Présente», de «Monty Python Sacré Graal», et bien d'autres choses encore, clic sur Lucarne. Pour un festin de vidéos musicales, de Blondie à Chuck Berry en passant par Guns 'n' Roses, The Doors, The Stooges, Charlie Parker et Chick Corea, clic sur Culture Rock. ]

   And now for something completely different... et parce qu'il y avait longtemps, une petite anecdote -- toujours tirée de l'excellent «Jazz Anecdotes» signé Bill Crow, éditions Oxford University Press. Pas si drôle que ça si l'on y réfléchit à deux fois... mais quel chemin parcouru en 70 ans, même s'il en reste encore un peu à parcourir...
   Anecdote rapportée par Snub Mosley, qui partit en tournée dans le Sud des États-Unis en 1937, avec l'orchestre de Lil Armstrong.

   «Teddy McRae était dans l'orchestre, Dick Vance, Stumpy Brady, c'était un chouette orchestre, mais il n'attirait personne. Pas un chat. On est arrivés à Knoxville, Tennessee, et pas moyen de trouver un endroit où manger. Et on n'avait pas beaucoup d'argent non plus. Finalement, on a réussi à en trouver assez pour repartir, en voiture. En remontant du Tennessee, sur la route, on a trouvé un petit endroit pour manger ; le type était ravi de nous voir arriver, parce qu'il n'avait pas beaucoup de clients. On a acheté des hot-dogs, des sodas, ce genre de trucs.
   Et tout à coup voilà que j'entends quelqu'un qui balance une bordée de jurons. Le type avait ouvert la porte des toilettes et McRae était sur le trône ! (rires) Jamais je n'avais entendu quelqu'un jurer comme ça. Le type était vraiment scandalisé. Il a dit :
   - Oh, mon Dieu !
   Est-ce que je peux vraiment répéter ce qu'il a dit ? Il a dit :
   - Oh mon Dieu ! Ce nègre a le cul sur mes chiottes ! Oh mon Dieu, ayez pitié ! Mais qu'est-ce que je vais faire ?
   Tout à fait comme si quelqu'un venait de le frapper !
   - Lève-toi, nègre !
   Il est parti chercher son flingue, un flingue énorme ! Alors, on s'est tous précipités pour voir ce qu'il se passait, et McRae a dit :
   - Mec, je ne peux pas me lever ! Je ne peux pas m'arrêter !
   Le type a dit :
   - Si tu ne te lève pas, je te jure que je t'en mets une dans la tête !
   - Mais je peux pas m'arrêter, mec !
   Alors je me suis avancé, j'ai attrapé McRae par la main et je l'ai forcé à se lever ! Jamais il n'oubliera cette histoire.»


publié dans : les anecdotes de Bill Crow par Milady
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   Bon !
   En plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les mains du pianiste sont en train de disparaître de ces pages. Adieu Putfile, bonjour Filelodge... et c'est du boulot. Surtout pour retrouver tous les CDs chroniqués en dix mois dans le chantier qu'est mon bureau en ce moment.

   Le «Jazz Anecdotes» de Bill Crow, par contre, je sais où il est. Et j'en extrais cette relation par Max Jones de l'arrivée du guitariste Eddie Condon à son hôtel londonien, lors d'une tournée en 1957.

   «Il était encore assez tôt et le réceptionniste demanda à Eddie s'il voulait un petit-déjeuner. Eddie demanda s'il était possible d'avoir du whisky au petit déjeuner.
   - Dans un hôtel anglais, Sir, le client peut obtenir des boissons alcoolisées à toute heure du jour et de la nuit, lui fut-il répondu.
   Condon posa un regard vitreux sur Gehman (NDT : Dick Gehman, ami de Condon et co-auteur de l'un de ses livres) et déclara :
   - Dick, on s'occupe des journaux.
   Ainsi débuta une conférence de presse qui se tint dans la chambre de Condon, et qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, tout comme l'ensemble de cette tournée d'ailleurs.
   Tandis que Condon était étendu sur son lit, tout habillé et le chapeau rabattu vers l'avant, son bras droit, Ernie Anderson, demanda aux journalistes s'ils souhaitaient boire quelque chose. Ensuite, il décrocha le téléphone :
   - Six grands whiskys, s'il-vous-plaît.
   Condon marmonna :
   - Et six grands docteurs.
   D'autres journalistes arrivèrent, et d'autres whiskys furent commandés. Un ou deux journalistes, plus courageux que les autres, tentèrent de poser quelques questions. Par exemple, pourquoi Eddie ne prenait-il jamais de solos ?
   - Si je ne prends pas de solos, c'est pour une bonne raison, répondit-il. Je ne m'y connais pas assez en guitare.
   Comme on le priait de développer sa pensée, il ouvrit les yeux et déclara :
   - Je suis un patron de saloon, pas un guitariste.
   Un journaliste de quotidien, angoissé à l'idée de ne pas pouvoir livrer son papier à temps, demanda si Monsieur Condon pouvait consentir à répondre à ses questions en position assise. En le regardant par-dessous le rebord de son chapeau, Eddie promit de faire de son mieux et ajouta :
   - Mais je ne suis pas un athlète.

publié dans : les anecdotes de Bill Crow par Nerdinette (des dunes)
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   Bon.
   Parce que l'arrachage de papier peint, ça suffit pour aujourd'hui (c'est contagieux, ces trucs-là), et aussi parce que Noël approche, si j'en juge par les trucs clignotants qui ornent les rues de ma ville depuis une bonne quinzaine déjà, une petite histoire de saison. Pas une anecdote, juste une blague de musicien. Si j'en crois Bill Crow, et Bill Crow sait généralement de quoi il parle, il faut l'imaginer racontée par Clark Terry -- imaginer, surtout, l'étincelle malicieuse qui s'allume dans les yeux de Clark à chaque chanson. Peut-être qu'un coup d'oeil à cette vidéo vous aidera... sinon, tant pis, il faudra faire sans !
   Ah oui, aussi : la chute étant intraduisible, je la laisse en anglais -- avec une traduction très littérale qui, si elle ne rend pas le jeu de mots d'origine, permettra au moins aux non anglophones de comprendre le pourquoi de l'étincelle malicieuse qui s'allume dans les yeux de Clark.

   «Un type était rentré dans une animalerie, à la recherche d'un cadeau de Noël pour sa femme. Le vendeur lui dit qu'il savait exactement ce qui lui ferait plaisir et sortit un petit oiseau d'une cage.
   "Voilà Chet", dit-il. "Et Chet peut chanter des chansons de Noël."
   Comme le client semblait incrédule, il s'apprêta à lui faire une démonstration.
   "Il faut qu'il s'échauffe un peu", fit-il. "Passez-moi votre briquet."
   Le type passa son briquet au vendeur, qui souleva l'aile droite de Chet et passa la flamme du briquet dessous. Aussitôt, Chet se mit à chanter "Oh Come, All Ye Faithful".
   "C'est génial !" s'exclama le client.
   "Et maintenant, écoutez plutôt ça", dit le vendeur. Il passa la flamme du briquet sous l'autre aile de Chet et Chet se mit à chanter "O Little Town of Bethlehem".
   "Emballez-le !" dit le client. "Je le prends."
   Quand il rentra chez lui, il dit à sa femme :
   "Mon cœur, je ne peux pas attendre jusqu'à Noël pour te montrer le cadeau que je t'ai fait. Il est fantastique."
   Il déballa la cage de Chet pour le montrer à sa femme.
   "Et maintenant, regarde."
   Il souleva l'aile gauche de Chet et la passa au-dessus d'une bougie allumée, sur la cheminée. Chet commença immédiatement à chanter "O Silent Night". La femme était ravie.
   "Et ce n'est pas tout ! Écoute un peu ça."
   Il passa l'aile droite de Chet au-dessus de la flamme, et Chet se mit à chanter "Joy to the World".
   "Laisse-moi essayer !" s'écria la femme en attrapant l'oiseau. Dans son impatience, elle approcha Chet un peu trop près de la flamme. Chet commença à chanter avec véhémence :
   "Chet's nuts roasting on a open fire !"»

   (traduction qui ôte tout le sel de la chose : «Chestnuts roasting on a open fire» est une phrase tirée de «The Christmas Song», qui signifie «Des châtaignes qui grillent sur un feu»... ai-je besoin de préciser ce que sont les «nuts» de Chet le perroquet ?)
publié dans : les anecdotes de Bill Crow par Zerbinette
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