The Wildman of the Piano

Publié le par L.D.

    Par une (forcément) belle journée du mois de mai 1943, en un pays lointain et pas des plus jazzistiques, un petit garçon naît dans la famille Enriquez, que ses parents prénomment Roberto Delprado Yulo. Enfant prodige ! A quatre ans (ou peut-être deux... mais à force de vouloir embellir la légende, on lui ôte de sa crédibilité), il tapote déjà sur le piano familial.
    A quatorze ans, il se glisse hors de la maison familiale pour aller se produire dans les clubs locaux. Quand sa mère le découvre, ni une ni deux, voilà le couvercle du piano fermé à clé ! Et Bobby est prié de se concentrer sur ses devoirs. A quinze ans, il fuit la maison familiale de Bacolod City, Philippines, et le piano de ses débuts, et se met à courir les clubs d'Asie du Sud-Est.
    Fin 1962, voilà notre pianiste rebelle au sein d'un quartet 100% philippin, à se produire au Club des Officiers de l'U.S. Air Force de Tainan, à Taiwan. L'un des officiers s'est fait suivre de sa collection de vinyls : Oscar Peterson, Erroll Garner, Dave Brubeck, Thelonious Monk... Chaque soir, Bobby emprunte un disque. Le lendemain, il donne sa version, non pas de l'un des morceaux, mais de l'ensemble du 33 tours. Vous, je ne sais pas mais moi, l'idée de la version Monkienne d'un standard de Cole Porter revisitée par Bobby Enriquez, ça me laisse rêveuse !
    Bobby lit peu la musique. Il veut apprendre. Le voilà inscrit aux cours par correspondance de la prestigieuse Berklee School of Music. Quinze jours plus tard, il a assimilé le programme d'un semestre entier, et en redemande, encore et encore.

b-enriquez.jpg
    En 1967, Bobby débarque à Los Angeles. Curieusement, on trouve beaucoup moins de détails sur la seconde partie de sa carrière... peut-être parce qu'elle est moins pittoresque ? Quoiqu'il en soit, le phénomène se retrouve ensuite à Hawaii, où il devient le directeur musical du chanteur et fantaisiste Don Ho. Jusqu'au jour où Richie Cole passe par là, le « découvre », comme on dit, et l'embarque dans son groupe, direction... peut-être pas la gloire, mais une certaine reconnaissance.
    En 1981, Bobby enregistre son premier album. Une douzaine d'autres suivront jusqu'à sa disparition, le 6 (ou le 8 ?) août 1996.

    Alors, le piano de Bobby Enriquez, c'est quoi ? Une explosion. Un feu d'artifice. Du piano-champagne, ce qui tombe très bien à quelques heures du réveillon. Une technique ahurissante, des citations incongrues en pagaille — au final, le mélange n'est peut-être pas toujours du meilleur goût, mais il est pour le moins marquant. Pour ma part, j'ai découvert le phénomène sur un album où il s'ébattait en compagnie de Ray Brown — ce qui explique peut-être en partie la tendresse que j'ai pour lui, vous devez savoir depuis le temps que je colle direct cinq étoiles à tout album sur lequel joue le Captain —, album que je n'ai retrouvé ni sur Deezer, ni sur Musicme, ni sur Grooveshark. Qu'à cela ne tienne ! Je vous ai néanmoins concocté une mini-playlist à partir des deux seuls albums que j'ai pu trouver, dont vous me direz des nouvelles... ou pas.

    Je conclus en vous souhaitant à toutes et tous une année 2010 aussi joyeuse, vertigineuse, ébouriffante que le piano du « Wildman »... que voici, que voilà !

Découvrez la playlist bobby enriquez avec Bobby Enriquez & Richie Cole

Publié dans disques de chevet

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

sieglind la dragonne 08/02/2010 07:50


Doué le "gamin" ! sa version de Aranjuez ne manque pas de caractère... je ne connaissais pas évidemment (mais vu que le jazz j'aime mais n'en suis certainement pas spécialiste, j'ai des excuses hé,
hé)
Bonne journée ma Lady pour mon retour (tout doucettement, j'suis affolée par le retard que j'ai chez les potes !)


cocole 06/01/2010 13:46


j'ai fait un petit retour en arrière , les claquettes, c'est chouette !! ;-)
Trés bonne année lady, pleine de bonne musique !!! bisou


Nadja 01/01/2010 02:37


Rien de tel qu'un bon piano pour passer une bonne année
Meilleurs voeux Lady Domi (fa sol la si do)


Nadja 31/12/2009 12:08


Yeahhhhhhhhhhhhhhhhh ca c'est du bon, ca donne envie d'agiter ses petits petons. Prescirption = matin -midi et soir !!


Jayce 31/12/2009 10:11


le jazz n'a décidément pas de frontière !!!
excellent reveillon a toi Lady !! ;0)
bisous !!