Night and Day

Publié le par L.D.

   Et si on parlait section rythmique ? Vous savez, ce truc généralement composé d'un piano, d'une contrebasse et d'une batterie, et éventuellement d'une guitare, qui assure le soutien des solistes ? Des sections rythmiques historiques, il y en a. A commencer par celle que formèrent Count Basie, Freddie Greene, Walter Page et Jo Jones. Moins connue peut-être, la "Rythm Section", formée par Hank Jones, Milt Hinton et Osie Johnson, qui fut utilisée dans les années 50 et 60 par une flopée de solistes qui goûtaient sa solidité, son élasticité et son homogénéité. Sans oublier le binôme Oscar Peterson / Ray Brown (eh eh... un post sans Ray Brown, sur le Jazz Coin, vous n'y pensez pas !), mis à contribution sur tout plein d'albums Verve dans les fifties — ou, chez Miles, la troïka Wynton Kelly / Paul Chamber / Philly Joe Jones et, plus tard, le tandem Ron Carter / Tony Williams.
    Tout jazzophile normalement constitué a sa section rythmique préférée. L'identité d'icelle peut d'ailleurs varier d'un jour à l'autre, en fonction de la météo, de l'humeur et du cours du cuir de phacochère sur les places boursières péruviennes. Par exemple, là, tout de suite, si on me demandait de voter, mon suffrage irait sans la moindre hésitation au trinôme Mal Waldron / Doug Watkins / Art Taylor. Et, voyez si le hasard fait bien les choses, c'est précisément cette section rythmique qu'on retrouve sur le All Night Long généralement crédité à Kenny Burrell (quoiqu'il me semble bien que certaines éditions mettent cet album sur le compte des Prestige All Stars, ou encore de Donald Byrd).

    Pourquoi ce petit faible ? Déjà, j'adore Mal Waldron, sa façon de revenir encore et encore sur la même note, le même motif, jusqu'à en avoir épuisé toutes les possibilités (Mal était un économe, dans la vie de tous les jours, et son refus du gaspillage s'étendait à son jeu), en une drôle de petite danse tourbillonnante. J'adore aussi Art Taylor, l'urgence qu'il sait insuffler à tout un groupe par ses accentuations incessantes, comme autant de coups d'éperon, sa charleston aussi, qui veille toujours au grain jusque dans ses éclats polyrythmiques les plus ébouriffants (à la façon de celle de l'autre Art, Blakey). Et j'adore Doug Watkins, bien entendu : c'est un contrebassiste.
  




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gaston 17/01/2011 13:13



je suis d'accord sur tout; notamment la description du jeu de mal waldron. Une des sections rythmique les plus enregistrées est bien sur hank jones, milt"the judge" hilton et osie johnson.Le
quatrième mousquetaire était fréquemment le très très sous estimé guitariste barry galbraith. Il n'a, à ma connaissance, enregistré qu'un seul disque en leader "guitar and the wind" en 1958 avec,
bien sur, milt hinton et osie johnson mais aussi bobby jaspar et urbie green (pas facile à trouver mais m'en fiche je l'ai!)


 


quant au cuir de phacochère il cotait 1,50 dollar l'once ce matin à l'ouverture de la bourse des matières premières de Lima.



L.D. 20/01/2011 19:52



Tiens, un brouillon jamais fini qui s'est publié... bah faudrait que je termine tout ça, un jour...


Bises Gaston ^^ tu repasses quand j'ai fini la chronique ?



cocole 13/01/2011 18:54



hello, je crois ne pas t'avoir souhaiter les voeux...je te souhaite une trés bonne année, pleine de douceur, pour toi et ceux qui te sont chers, et tout plein de bonne musique à écouter !!!!
bisou



L.D. 20/01/2011 19:54



Coucou


Merci pour tes voeux ! Je te souhaite moi aussi une année 2011 pleine de bonheurs et de couleurs.


Là je suis un peu dans une séquence "catastrophes en tous genres", mais bon. I will survive (enfin on espère, sinon je le finirai jamais ce fichu article )