La carte des blogueurs chez Ti Taz
Bon. Je vais essayer de rassembler mes souvenirs pour ne rien oublier...
Curtis Clark, donc, pianiste méconnu, pour ne pas dire inconnu. Mais pas inconnu de tout le monde. Alain l'a choisi pour faire partie du trio/quartet de Richard Davis en ces derniers jours de tournée estivale.
Il nous rejoint à Paris ; comme Richard, Alain et moi, il est hébergé dans l'appartement de Didier Nouyrigat, le Monsieur «Duc des Lombards» de l'époque, et de son amie Agathe («Comme dans Agathe the blues», ainsi Didier la présente-t-il aux musiciens). Les deux Andrew, Hill et Cyrille, sont à l'hôtel. On étouffe à Paris, en cette fin juillet. Trois jours durant, le Prof et moi nous livrons une guerre larvée -- je passe mon temps à ouvrir la fenêtre pour trouver un peu d'air, et lui à la refermer par crainte des moustiques.
On commence par quelques jours au Duc des Lombards. Les 27 et 28 juillet dans l'après-midi, enregistrement ouvert au public (qui est prié de se tenir à carreau). Les 28 et 29, concert en soirée. Si je me souviens bien, tout se passe pour le mieux... et je pique un soir un fou-rire d'anthologie devant les pitreries du Prof. Je mets cinq bonnes minutes à m'en remettre... mais nous y reviendrons. C'est une longue histoire !
Tout se passe pour le mieux... mais Alain et moi avons néanmoins quelques vagues inquiétudes quant à la suite. Il faut dire qu'en passant devant la chambre de Curtis, dont la porte est ouverte, nous avisons sur sa table de nuit une bouteille de Jack Daniels, dont le niveau baisse à vitesse assez impressionnante. Qu'y faire ? Rien. Juste espérer que la fin de la tournée ne partira pas en eau de boudin...
Le 30, nous voilà dans le train, direction Toulon pour la dernière date de la tournée, au Festival «Jazz Fort-Napoléon» de La Seyne-sur-Mer. Je croise Curtis dans les couloirs, l'air sinistre ; il fait l'aller-retour entre le bar et sa voiture de première...
- Tu t'ennuies ?
- Ouais. Je m'ennuie.
Quand nous arrivons à l'hôtel, les musiciens s'en vont illico se barricader dans leurs chambres pour prendre un peu de repos avant le concert. Andrew se fait monter un petit plateau : salade, pain, dessert. Curtis aussi : devinez ce qu'il y a sur le plateau que j'entrevois devant la porte de sa chambre ?
Alain commence à perdre les quelques cheveux qui lui restent...
Il est prévu que les musiciens et leurs accompagnateurs dînent sur place, avant le concert. Palabres : le Prof doit-il emmener sa contrebasse tout de suite ? Finalement, il décide de la laisser à l'hôtel, quitte à retourner la chercher plus tard. Nous nous attablons donc. Curtis reste fidèle à son régime entamé dès le matin : pas de solide, rien que du liquide. C'est bien connu : il ne faut pas faire de mélanges ! Dans l'intérêt de l'Art, je l'aide à finir la bouteille de rosé. Si quelqu'un doit être un peu pompette, mieux vaut que ce soit moi !
(à suivre...)
Photo prise à la gare de Toulon le lendemain du concert -- fin de l'aventure. Je suppose qu'Andrew s'apprête à piocher une cigarette de plus dans mon paquet...
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