Snap crackle

Publié le par Lady D.

   L'édition 1997 de Jazz en Touraine rassemble deux des plus merveilleux batteurs encore en activité : Elvin Jones (souvenez-vous...) et Papa Roy Haynes. A ses côtés, Donald Harrison, Dave Kikoski et Ed Howard.

   Coïncidence : Papa Roy est en couverture du «Jazz Hot» du mois. A l'intérieur, une interview, et la reproduction de la couverture d'un «Jazz Hot» des années 50, sur lequel il figurait. Roy est aux anges. «C'était la première fois que j'étais en couverture d'un magazine», se souvient-il, avant d'essayer de me convaincre de lui donner mon numéro. Pas question ! Je le garde...
  
Balance sous le chapiteau qui accueillera le concert. Il a plu dans la journée, et l'on a dû déplacer le piano, qui se trouvait juste sous une gouttière. Dave Kikoski refuse d'abord de jouer avant qu'un accordeur soit passé. Moment de panique chez les organisateurs. Finalement, l'ami Dave se ravise : nul besoin d'accord, le piano est parfait.

   Le lendemain, le quartet est attendu à Paris ; il se produit au «Sunset» (eh oui, nous sommes en 1997, et le «Sunset» n'est pas encore devenu «Sunside» !). Jean-Claude, l'un des volontaires, me recrute comme accompagnatrice / traductrice. Me voilà donc au petit matin, à l'avant de l'Espace, avec Donald, Dave et Ed à l'arrière. Roy nous suit, dans une autre voiture.
   Je consulte la presse locale du matin.
   «Il y a quelque chose sur le concert ?»
   En effet, il y a quelque chose. Un article pas très flatteur pour Roy, que le journaliste a trouvé un peu trop présent, ajoutant (quoiqu'en termes plus mesurés) qu'il serait grand temps qu'il commence à penser à prendre sa retraite, parce qu'il n'est plus que l'ombre du grand batteur qu'il fut.
   Un concert d'exclamations outrées s'élève de la banquette arrière. Donald se penche vers moi.
   «Donne-moi les accords de 'How High the Moon'».
   «Well... Sol majeur septième... Sol mineur septième... Do septième... Fa majeur septième... Fa mineur septième... Si bémol septième... Mi bémol sept...»
   Donald m'interrompt.
   «Toi, tu connais notre musique. Tu peux écrire sur nous. Alors que ce type...»

   Mais... ma plus grande fierté est ailleurs. Armée du plan de Paris, j'ai réussi à nous amener jusqu'à l'hôtel de Roy, puis jusqu'à celui de ses musiciens (c'est que Papa Roy avait choisi un quatre étoiles, voyez-vous) sans nous perdre. D'accord, nous avons fait deux fois le tour d'un giratoire pour nous assurer que nous nous engagions dans la bonne rue ; d'accord, une incompréhension entre pilote et copilote nous a amené à effctuer un petit crochet qui a rallongé le trajet de quelques centaines de mètres mais, pour quelqu'un qui se retrouvait pour la première fois en voiture à Paris, je ne m'en suis pas trop mal sortie.
   Qui a dit que les femmes ne savaient pas lire une carte ?

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Christian 30/10/2006 13:49

Ben puisque tu cites Ralph Moore, je crois bien que c'est lui qui était là ce soir là !
C'est que je commence à vieillir moi ! La mémoire...

Lady D. 30/10/2006 14:43

Eh oui... Sic transit etc etc... !En même temps, quand on en voit trop, difficile de se rappeler des noms de tout le monde...

Christian 29/10/2006 19:16

J'ai vu le quartet de Roy Haynes à Toulouse dans un bar le Griot qui avait organisé 4 ou 5 concerts de jazz grâce aux contacts de son patron Mamadi (Lavelle, Beaver Harris & Siegfried Kessler..).
C'était je pense en 1988 ou 89, et pourtant il me semble bien que Donald Harrison et Dave Kikoski étaient déjà là ! Est-ce possible ?
En tout cas quel souvenir !!! Du jazz de ce calibre, dans un lieu condidentiel emplis à raz de bord de passionnés... Il n'y a pas mieux non ?

Lady D. 30/10/2006 06:19

Well, well... Pour Dave Kikoski, c'est très possible, et même très probable, vu qu'il était déjà sur un album de Papa Roy gravé en 1986. Pour Duck, c'est bien possible aussi, vu qu'il semble qu'il ait travaillé avec Roy dès le milieu des années 80 avant de céder la place d'abord à Ralph Moore (sur l'album de 86), puis à Craig Handy (sur un autre, de 92)... et de revenir dans le quartet dans la seconde moitié des années 90. C'est lui qui était chez Roy quand je l'ai vu en 97 -- grandiose souvenir !!!

Systool 24/06/2006 16:30

Snap, Crackle & Pop, c'est pas le nom des trois bonshommes Rice Crispies?SysTooL

Lady D. 24/06/2006 17:51

Alors là !!??!!!C'est en tout cas comme ça que Sarah Vaughan surnommait Roy Haynes...

TT 23/06/2006 13:06

J'aurais pas joué How high the Moon comme ça tiens. J'aurais mis sol min7 et pas la quinte bémolée en deuxième accord. Grand temps que je revoie mes classiques.Un stage de jazz quand j'étais ado mais j'étais en présence de jazzmen confirmés et moi, je débutais. Complètement largué mais j'avais tout de même essayé d'apprendre les accords. Faudrait que je retravaille, j'ai l'harmonie limitée et ça m'éneeeeeeeeeeeerve.Tu racontes avec élégance

Lady D. 23/06/2006 13:35

C'est d'ailleurs peut-être moi qui me plante sur ce coup-là... Je savais bien qu'il était trop tôt pour me lancer là-dedans !  Ce sont effectivement des septièmes mineures, bon, j'étais en manque de caféine ! Je rectifie.Enfin, pour quelqu'un qui a l'harmonie limitée, tu es quand-même le seul à avoir relevé l'erreur !

Eric LOW 23/06/2006 12:31

viv ele jazz  & ses héros / hérauts !