Fatsy Watsy

Publié le par Lady D.

   Ralph Peer, de la Southern Music Company, avait avancé de l'argent à Fats Waller. Il recruta Eddie Condon et lui donna comme mission d'amener Fats jusqu'au studio d'enregistrement. Il voulait que Fats arrive à l'heure, avec un groupe fin prêt. Condon trouva Fats au Connie's Inn et se présenta :

   «Je lui ai expliqué :
    - Earl Hines m'a demandé de prendre de tes nouvelles.
   - Ce vieil Earl ? a demandé Fats. C'est bien. Et comment va ce vieil Earl ? Je suis tellement heureux d'entendre parler de lui. Assois-toi et laisse-moi t'offrir un gin. On va parler d'Earl.
    Il était tellement gentil, tellement amical, tellement ouvert, que j'ai eu presque honte de ma mission ; mais je l'ai accomplie. J'ai demandé à Fats s'il aimerait faire un disque. Un disque ? Il en serait ravi, et très fier ; il était prêt à enregistrer n'importe quand. Dans quatre jours ? Très bien. Au Liederkrantz Hall ? Merveilleux. A midi ? Parfait.»

   Trois jours durant, Condon essaya d'amener Waller à parler des morceaux qu'il enregistrerait. La veille de l'enregistrement, il lui demanda :

   «Quand on aura rassemblé le groupe, on va jouer ?
    - Eh bien, on va faire de la musique, a répondu Fats. Maintenant, si on prenait un petit verre et qu'on parlait de tout ça ?
    J'ai commencé à ne plus y voir très clair, et j'ai fini par ne plus y voir du tout. Quand je me suis réveillé, j'étais allongé tout habillé sur la banquette du Connie's Inn. Il était dix heures et demie du matin. Fats était profondément endormi, recroquevillé sur une autre banquette, tout habillé lui aussi.
    J'ai dit :
    - Il est dix heures et demie ! On doit être au studio à midi !
    Fats s'est assis, étiré, et a baîllé un bon coup.
    - Très bien ! C'est merveilleux ! Parfait ! a-t-il dit. Maintenant, occupons-nous de cet orchestre. Trouve-moi de la monnaie que je puisse passer quelques coups de fil.»

   Ils entassèrent quelques musiciens dans un taxi et partirent pour le Liederkrantz Hall. Dans le taxi, Waller dit :

   «- Maintenant, voilà ce qu'on va jouer.
    Il a fredonné un motif mélodique et rythmique très simple, un blues mineur. Une fois que nous l'avons eu mémorisé, il a expliqué à chacun d'entre nous ce qu'il devait faire. A midi moins dix, nous sommes arrivés au studio.»

   Après avoir enregistré deux morceaux avec l'orchestre, Fats continua par quelques solos de piano.

    «Le producteur a dit :
    - Il faut qu'on fasse d'autres séances comme celle-ci. Voilà une parfaite illustration de l'importance qu'il y a à planifier et préparer un enregistrement.
    Par la suite, la Southern Music Company, après avoir mûrement planifié et préparé la chose, sortit le disque sous étiquette Victor. Ils avaient inversé les titres des morceaux. «Harlem Fuss» était baptisé «The Minor Drag», et «The Minor Drag» s'intitulait «Harlem Fuss».

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cactus 15/06/2006 15:41

un clic sur le miaou en juin et ça s'agrandit : cadeau pour toi , ma Lady D. virtuelle :-)

Lady D. 15/06/2006 15:46

Zen, le chat. Et il a trouvé l'endroit où personne ne viendra lui chatouiller les moustaches.Une gratounette au félin - mon animal préféré avec les merles, les papillons et les vers de terre !

cactus 15/06/2006 15:38

"La simplicité génétique au générique " : dac avec Duke !
vraiment !

Duke 13/06/2006 20:00

Tout simplement,et j'adore la simplicité,cela doit être génétique,je t'adresse un bisou,bourré de sincérité.

Lady D. 14/06/2006 05:42

Que je retourne avec toute mon admiration, Duke, mon ami.

cactus 13/06/2006 17:41

Roooooooooooooooooo le coffret , le coffret ! ils tournent là les 4 LP presque en même temps :
Lady's so good  , we're so petit petit !!
encore encore !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Lady D. 14/06/2006 05:42

Eh eh... le coffret... Fatsy Watsy, concentré de bonne humeur !

kevin 13/06/2006 13:44

effectivement !!!!
:-) 

Lady D. 13/06/2006 13:47

Eh oui...