Mister Taste, la suite

Publié le par Lady D.

   En juin 1998, me voilà à Paris. Pile-poil pour la Fête de la Musique. Je n'en verrai pas grand-chose, d'ailleurs ; juste le concert donné par le trio d'Eric Watson au Parc Floral du Bois de Vincennes. Cette fois, c'est sûr : c'est bien Joe Carver qui est à la basse ; Gentleman Ed est toujours fidèle au poste.
   Deux, trois jours plus tôt, j'ai déniché (probablement chez Crocojazz) un vinyl d'Eric, en solo. «Children in the Sky», de 1985. Mon côté groupie ressort : «Eric, je peux avoir un autographe ?» Il rigole en voyant la photo de pochette : «C'était ma période chien battu... Je venais juste de divorcer...» - en français dans le texte. Parce qu'Eric parle un français magnifique, même si son accent reste assez prononcé.
   Pour un 21 juin, il fait plutôt frisquet, cette année-là. J'ai pas prévu. Avec mon petit pull-over, je me caille. Ed m'invite à les accompagner dans le bâtiment qui fait office de loges. Je me fais toute petite dans un coin et je regarde, j'écoute le Patron présenter le programme du jour à ses deux sidemen. Séquence boulot... ce qui n'empêche pas Ed de faire le clown, à l'occasion.

   Vient le moment de se changer. Ed a des problèmes à ajuster la martingale de son gilet comme il le souhaite. Je suis bombardée habilleuse ! Voilà, M'sieur. Vous êtes tout beau, tout élégant...

   Là encore, pas de souvenir marquant du concert. J'ai bien aimé, c'est tout ce que je peux dire. Au risque de me répéter, grâce à la présence magique de Monsieur Thigpen, une fois encore.

   Quand ils en ont fini, il se met à pleuvoir. Manquait plus que ça ; frigorifiée, que je suis. En parfait gentleman, Eric me prête son veston et me propose de repartir vers le centre avec eux. Trop contente d'échapper au métro, j'accepte, of course.
   Joe est au volant. Nous passons à côté d'un groupe de jeunes rappers. Ed s'étonne : «Mais, il y a de la musique partout, aujourd'hui ?» Oui, Ed. C'est la Fête de la Musique. «Oh...», fait-il, avant de se lancer dans un petit rap de sa composition: «Your feet stink... your feet stink...»

   Arrivée à l'hôtel. Et il pleut toujours à verse. Que croyez-vous qu'Eric va faire ? Me raccompagner jusqu'au métro le plus proche, bien sûr, armé d'un parapluie...

(à suivre...)

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