Play it as it lays...

Publié le par Lady D.

3 octobre 1999.

Rich Clements (le pianiste régulier d'Archie Shepp, à l'époque), joue dans l'après-midi au vernissage d'une expo de peinture, dans une petite galerie de l'Île Saint-Louis... tout à côté, voyez-vous, du Relais de L'Isle, le plus swinguant des restaurants de la capitale, où Rich joue régulièrement. L'artiste est d'ailleurs une amie de Christophe, le patron du restaurant.

Ce soir-là, Rich me dit : «J'ai une grande nouvelle... enfin, je sais pas si c'est une grande nouvelle ; c'est une nouvelle, quoi. Christophe était au vernissage, il a rencontré un copain à lui, un preneur de son, qui lui a parlé de ce réalisateur américain qui venait de tourner un film en France et qui cherchait un pianiste pour la bande-son. Il a essayé un pianiste français, mais le résultat ne lui plaît pas ; c'est... too stiff. Alors, il a demandé à Christophe s'il pensait à quelqu'un, et Christophe lui a parlé de moi. Comme Christophe n'avait jamais entendu parler de ce réalisateur, il a noté son nom : c'est Melvin Van Peebles. Et au fait, il est possible que Melvin vienne au restau un de ces soirs...»

Melvin Van Peebles. Acteur, réalisateur, compositeur, parolier, chanteur, auteur, journaliste. Le premier trader noir de Wall Street, aussi. Son film, Sweet Sweetback Baaadasssss Song, de 1972, est le premier film entièrement réalisé, joué, produit, distribué, par des Noirs. Il sort dans une petite salle perdue du fin fond des States et finit premier au box-office. Melvin, c'est le Spike Lee des années soixante-dix - en plus intransigeant. L'anti «Blackxploitation». Une figure légendaire de la communauté Noire-Américaine. Il est aussi, accessoirement, le père de Mario Van Peebles.

Le lendemain soir, quelle coïncidence, je dîne au Relais de L'Isle. A ma droite, Bob DeMeo et Rich. A ma gauche, Melvin Van Peebles, le preneur de son et deux amis. Voilà ce que j'appelle être en excellente compagnie...
Christophe est aux petits soins, bien sûr. Il sort ses meilleures bouteilles. Et Melvin se sent si bien qu'il décide de chanter, juste comme ça, pour se faire plaisir. «Love for Sale». Au beau milieu du morceau, son portable sonne. Il s'exclame : «That's love calling me!»

Et quand nous partons, Rich et moi, il me dit, en français (parce qu'il passe pas mal de temps en France, depuis 1959) : «Rappelle à Richie que je l'appelerai dans les jours qui viennent.»

Et le lendemain, Melvin appelle. «Est-ce que tu peux venir chez moi jeter un oeil à la musique ?»

Eh eh... J'en suis... Vous ne croyez quand-même pas que j'allais laisser passer ça ?...

(à suivre...)

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diane 23/03/2006 18:07

Donc,tu es pianiste ??mais, es tu une femme ??Bon,alors maintenant,papier...

Lady D. 25/03/2006 08:05

Tiens, et qu'est-ce qui te fait dire que je suis pianiste ?!Bon, d'ac, je suis pianiste. Mais, pianiste de salle de bains. Comme certains sont chanteurs de salle de bains. Je joue pour mon plaisir, mais je ne sais pas si c'est aussi pour le plaisir des autres (d'ailleurs, très peu m'ont entendue jouer).Qu'est-ce qui te fait te demander si je suis une femme, aussi ? Je sais bien que c'est tous des affreux machos, dans le jazz, mais quand-même !«Maintenant, papier» ? Eh, si j'veux !