Elvin Jones Jazz Machine

Publié le par Lady D.

22 septembre 1996.

L'Elvin Jones Jazz Machine passe par la Touraine. Surprise de dernière minute, Ravi Coltrane a remplacé Ari Brown ; Delfeayo Marsalis est au trombone. Par contre, pas moyen de me rappeler du pianiste et du bassiste...

Tiens, et si j'allais rendre une petite visite à Elvin, dans les loges ? Juste cinq minutes. Avec le hard-bop pêchu et malin du Ronald Baker Quintet en fond sonore. D'abord, Elvin, il faut que je lui fasse un petit coucou de la part de Richard Davis, que j'ai eu au téléphone il y a quelques jours.

Elvin est cool ; très cool. Quand j'arrive, il se plie avec bonne humeur à une petite séance photo. Comment ne pas demander au jeune homme, une fois son travail terminé, d'immortaliser ma rencontre avec le grand bonhomme ? Voilà, c'est fait. Quelques jours plus tard, je recevrai un joli tirage noir et blanc par la poste. Dans les mains d'Elvin, un exemplaire de «Chasseur d'Images», qui contient un portfolio de Guy Le Querrec. Très gentiment, Elvin l'a dédicacé, pour l'un de mes amis.

Nous nous asseyons un instant. Elvin est toujours aussi cool - peut-être que le petit verre de vin de Touraine qu'il tient à la main y est pour quelque chose ? C'est qu'il est bon, ce petit blanc. Parole de Lady !

Mais bon. Je ne vais pas l'embêter trop longtemps, non plus. Je me lève... Elvin bondit sur ses pieds et me prend dans ses bras, pour l'accolade à l'américaine. Si vous en doutiez encore, je peux vous l'affirmer : Elvin était costaud. Très costaud. D'un peu plus, il me déboîtait l'épaule... et pourtant, je suis solide !

Premier morceau. Tiens, zut, y'a la cymbale qui fait des siennes. Pas de panique. Je resserre un boulon d'une main en continuant à jouer de l'autre... c'est que c'est compliqué, tout ça... Jamais je vais m'en sortir tout seul... Vaudrait peut-être mieux que j'appelle ma femme à la rescousse... Keiko ! Keiko !!!
Un petit bout de femme traverse la scène et vient s'accroupir devant la batterie. En deux minutes, tout est rentré dans l'ordre et Keiko repart vers les coulisses.

Et aujourd'hui encore, je garde en moi l'image de ce doux géant qui, après le concert, s'est accroupi sur le rebord de la scène, a souri à un petit bonhomme qui était venu lui parler. Ce soir-là, un gamin est rentré chez lui avec le plus beau des trésors : les baguettes d'Elvin...

1996... Je ne suis pas près d'oublier cette année-là ! Déjà, quelques jours plus tôt, Roy Haynes...

Mais, ceci est une autre histoire !

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