Professeur Richard

Publié le par Lady D.

Oh, je sais ce que vous pensez.

Vous pensez : «Quand-même, celle-là, elle est culottée. "Lady" ? Et en quel honneur, siou-plaît ? Elle veut quand-même pas qu'on lui fasse la révérence, aussi ?»

Mais moi, j'y suis pour rien. Attendez, que je vous raconte.

Il y a des jours où mon côté «groupie» ressort. Tiens, par exemple vers 1995, quand l'audition d'un seul morceau (on reparlera de l'album très bientôt) m'a ouvert la porte d'un univers de contrebasse dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Le contrebassiste, c'était Richard Davis. Quand je l'ai entendu (ou plus probablement vraiment écouté) pour la première fois, ça m'a fait un de ces chocs !

«Qu'est-ce que c'est que ce truc... ça a le son d'une contrebasse... donc, c'est une contrebasse... Mais, on peut jouer comme ça, sur une contrebasse ?!»

Il m'a fallu des jours pour m'en remettre ; j'avais eu le même choc en découvrant Dolphy quelques mois auparavant, d'ailleurs. Moi qui ne jurais que par Johnny Hodges... J'exagère, un peu. Déjà j'adorais Bird, bien sûr.

Je n'ai pas pu résister. J'ai envoyé un mot à M'sieur Davis, c/o je ne sais plus quelle maison de disques. Genre bouteille à la mer, qui a fini par atteindre le rivage, puisque le Maître a répondu.

Bon, sa lettre commençait par «Dear Sir»... j'ai l'habitude, avec ce prénom unisexe... aussi, c'est sans acrimonie aucune que je lui ai fait remarquer que je n'étais pas un «Sir». La suite ? Vous la devinez. Dans sa réponse, j'étais devenue «Lady Domi».

Deux ans plus tard, j'ai commencé à écrire pour un mensuel anglais d'information générale publié en France. Par jeu, je ne voulais pas utiliser mon vrai nom. Il ne m'a pas fallu bien longtemps pour trouver le titre de ma rubrique (qui existe toujours aujourd'hui, soit dit en passant) : «Lady D.'s Jazz Corner». Ca ne vous rappelle rien ?

Et je me souviens de ce moment d'intense confusion, en ce matin du 1er septembre 1997, quand je me suis réveillée au son du flash info de France Inter pour apprendre que «Lady D.» était morte dans la nuit. Renseignements pris, j'allais très bien, merci.

Mais, je m'éloigne du sujet. Et Richard Davis, dans tout ça ?

Eh bien, nous avons continué à correspondre. A l'époque, il avait envie de venir jouer en France... après des semaines de vaines démarches auprès de toute une brochette d'agents, promoteurs et organisateurs de tournées, j'étais prête à jeter l'éponge quand, par un hasard miraculeux, j'ai entendu parler, un beau jour d'août 1996, d'un jeune homme qui, à ses moments perdus (... pas pour tout le monde !...), organisait des tournées...

Qu'est-ce que vous croyez ? J'ai sauté sur le téléphone.

Et l'année suivante...

... Mais ceci est une autre histoire !

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philippe charpentier 02/03/2006 15:26

Tout a fait,tu est pire que moi dans l'autosatisfaction,j'aime bien,ça change des faux modestes!

Lady D. 02/03/2006 16:05

Là, je suis incognito, alors je révèle ma vraie nature.
Mais, c'est vrai que je suis quand-même assez merveilleuse. On ne le dira jamais assez.

philippe charpentier 02/03/2006 09:57

J'ai toujours adoré le jeu de Richard Davis,j'avais un 33 t (je les ai tous revendu à Paris Jazz corner )un jour ou j'en avait marre de les voir sans les ecouter à cause des cd, donc un 33 sous le nom d'Elvin Jones avec R.Davis  en quartet je pense mais je ne me souviens plus! Un trés beau disque acheté à Londres dans les années 65/66.Bon ça n'a aucun intêret mais les souvenirs ressurgissent comme ça.

Lady D. 02/03/2006 10:05

Tout-à-fait Thierry (oui oui, j'ai rendu visite à Belette ce matin). Elvin, Richard, Charlie Mariano, Roland Hanna (sur trois plages) et Hank Jones (sur quatre autres). Pour Impulse!
Maintenant, je ne sais pas si tu te souviens des notes de pochette (signées Don Heckman). Moi qui ai l'oeil, j'avais repéré une belle énormité. De «Everything Happens to Me», l'ami Don écrit : «Jones and Hanna are once again flawless». Pas d'bol, sur cette plage, y'a pas une note de piano. Roland s'est bien marré (et Richard aussi) quand je lui ai fait remarquer cette magnifique bourde.
Tiens, faudrait que je l'envoie à Bill Crow pour son prochain bouquin d'anecdotes, si j'arrive à trouver son contact.