Chose promise, chose due...
Elvin Jones dans toute sa splendeur, par une belle soirée tourangelle de septembre 1997 (mais si, souvenez-vous...)
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Chose promise, chose due...
Elvin Jones dans toute sa splendeur, par une belle soirée tourangelle de septembre 1997 (mais si, souvenez-vous...)
Il faut savoir vivre dangeureusement...
Et pour ça, le Studio des Islettes est (était... je ne m'y ferai jamais...) «the place to be». En quel autre lieu la Lady aurait-elle pu être mordue dans le cou par un batteur italien ?
Nous avons réussi à communiquer, allez savoir comment. 5% de français, 15% d'anglais et 80% d'italien...
«I will be the meilleur batteur in Paris soon; so, remember my name... Well, you don't know my name; so, remember questa bella faccia».
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Rasul Siddik appelle chez Rich -- qui est parti dans le Sud pour un concert. Il lui faut un pianiste pour un gig dans un restaurant, le lendemain soir. Je finis par soutirer aux responsables du festival le numéro de téléphone de l'hôtel où ils sont descendus, je parle du gig à Rich, qui me répond : «Je ne crois pas que j'aie très envie de le faire, mais je vais rappeller Rasul quand-même». Cinq minutes plus tard, Rasul me rappelle : «Rich ne veut pas faire ce gig, il m'a dit de te demander à toi».
Ils sont fous, tous les deux.
Rasul finira quand-même par trouver un pianiste... et ils ne seront payés ni l'un, ni l'autre.
«Hey mec, tu vois ? J'ai bien fait de refuser...»
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Retour au Studio des Islettes...
Sur la vague surélévation qui tient lieu de scène, un géant du free jazz, le batteur Sunny Murray, annoncé en duo avec le sax ténor Arthur Doyle. Mais il y a un special guest, ce soir. Le sax alto Sonny Simmons, que Sunny présente comme «Le Fantôme du Studio des Islettes».
J'aime bien, moi. Je ne comprends pas tout, mais j'aime bien. Je bats la mesure du pied, enfin... j'essaie. George Brown, batteur de son état, et meilleur ennemi de Sunny, s'approche de moi et, de sa voix rauque, que nous aimons tous tant imiter, me lance : «Do you really like this shit?»
L'édition 1997 de Jazz en Touraine rassemble deux des plus merveilleux batteurs encore en activité : Elvin Jones (souvenez-vous...) et Papa Roy Haynes. A ses côtés, Donald Harrison, Dave Kikoski et Ed Howard.
Coïncidence : Papa Roy est en couverture du «Jazz Hot» du mois. A l'intérieur, une interview, et la reproduction de la couverture d'un «Jazz Hot» des années 50, sur lequel il figurait. Roy est aux anges. «C'était la première fois que j'étais en couverture d'un magazine», se souvient-il, avant d'essayer de me convaincre de lui donner mon numéro. Pas question ! Je le garde...
Balance sous le chapiteau qui accueillera le concert. Il a plu dans la journée, et l'on a dû déplacer le piano, qui se trouvait juste sous une gouttière. Dave Kikoski refuse d'abord de jouer avant qu'un accordeur soit passé. Moment de panique chez les organisateurs. Finalement, l'ami Dave se ravise : nul besoin d'accord, le piano est parfait.
Le lendemain, le quartet est attendu à Paris ; il se produit au «Sunset» (eh oui, nous sommes en 1997, et le «Sunset» n'est pas encore devenu «Sunside» !). Jean-Claude, l'un des volontaires, me recrute comme accompagnatrice / traductrice. Me voilà donc au petit matin, à l'avant de l'Espace, avec Donald, Dave et Ed à l'arrière. Roy nous suit, dans une autre voiture.
Je consulte la presse locale du matin.
«Il y a quelque chose sur le concert ?»
En effet, il y a quelque chose. Un article pas très flatteur pour Roy, que le journaliste a trouvé un peu trop présent, ajoutant (quoiqu'en termes plus mesurés) qu'il serait grand temps qu'il commence à penser à prendre sa retraite, parce qu'il n'est plus que l'ombre du grand batteur qu'il fut.
Un concert d'exclamations outrées s'élève de la banquette arrière. Donald se penche vers moi.
«Donne-moi les accords de 'How High the Moon'».
«Well... Sol majeur septième... Sol mineur septième... Do septième... Fa majeur septième... Fa mineur septième... Si bémol septième... Mi bémol sept...»
Donald m'interrompt.
«Toi, tu connais notre musique. Tu peux écrire sur nous. Alors que ce type...»
Mais... ma plus grande fierté est ailleurs. Armée du plan de Paris, j'ai réussi à nous amener jusqu'à l'hôtel de Roy, puis jusqu'à celui de ses musiciens (c'est que Papa Roy avait choisi un quatre étoiles, voyez-vous) sans nous perdre. D'accord, nous avons fait deux fois le tour d'un giratoire pour nous assurer que nous nous engagions dans la bonne rue ; d'accord, une incompréhension entre pilote et copilote nous a amené à effctuer un petit crochet qui a rallongé le trajet de quelques centaines de mètres mais, pour quelqu'un qui se retrouvait pour la première fois en voiture à Paris, je ne m'en suis pas trop mal sortie.
Qui a dit que les femmes ne savaient pas lire une carte ?
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