Hier soir, j'ai dit à la chienne : «Bon. Maintenant que les beaux jours sont revenus, tu vas manger dans le jardin. Tu vas voir, ça va te faire prendre l'air, et tu pourras en fiche partout, c'est pas grave, quand il pleuvra, ça nettoiera». Elle a dit : «Ouaf». J'ai dit : «Y'a pas d'ouaf, c'est comme ça, et si t'es pas contente, t'as qu'à aller au restau».
Donc, elle a mangé au jardin. Et, légèrement perturbée par ce changement, elle a laissé la moitié de sa gamelle. J'ai dit : «Bon, ben moi je me baisse pas, si tu veux pas que ta gamelle reste dehors, t'as qu'à la rentrer toi-même». Elle a dit : «Ouaf». J'ai dit : «Tu fais comme tu veux, hein».
Et la gamelle est restée dehors.
D'ailleurs, c'est pas une gamelle, mais un petit saladier en verre marron, avec marqué «Offert par Huile Lesieur» dessous. Le grand luxe, quoi.
Vers dix heures, elle a dit : «Ouaf». J'ai dit : «Je sais, je sais, espèce de casse-pieds, tu veux sortir». Je lui ai donc ouvert la porte... elle a descendu les trois marches... et elle est tombée en arrêt devant le petit resquilleur qui était venu se goinfrer des restes, les pattes avant dans la pâtée, les pattes arrière dans le vide. Elle a dit : «Ouaf». J'ai dit : «Laisse le hérisson tranquille».
Ce qui me rappelle qu'il y a quelques années, j'ai shooté dans un hérisson. Pieds nus. Pas fait exprès, hein. Juste que je suis sortie dans le jardin, qu'il faisait nuit et qu'il passait par là. Eh bien je peux vous dire un truc : un hérisson, ça pique.
Quelques jours plus tard, toujours pieds nus, j'ai marché sur une énorme tomate bien mûre. J'ai encore le son dans les oreilles : «Schhhlllpppllllphhphhhafffff». Ou quelque chose comme ça.
Mais, revenons à nos hérissons.
Ah... il est parti... tant pis !
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