Mille excuses toutes et tous de m'être absentée pendant quelques jours -- j'étais partie jouer ailleurs. Et je m'amusais tellement que j'ai failli en oublier l'existence du Jazz Coin.Tiens, une bonne nouvelle aussi : le retour du Griot, avec un premier post sur Rokia Traoré ; dans les liens à gauche -- un petit clic pour un moment de grand bonheur.
Mais bon ; c'est qu'on a un blindfold sur le feu, quand-même. Alors : je rappelle à ceux qui ont raté les précédents épisodes que la bonne réponse a été délivrée par Thierry, qui se reconnaîtra (moi j'avoue ne plus trop savoir où j'en suis, là). Clap-clap, donc.
Vous eûtes le plaisir d'ouïr «Sister Sadie», extrait du CD intitulé Hello, Friend -- To Ennis with Love (Verve 539171-2) et crédité à Bill Cosby. Grand amateur de jazz devant l'éternel comme chacun sait.
D'abord, l'histoire autour de ce CD. Je vous préviens, elle n'est pas vraiment gaie. C'est l'histoire d'un jeune homme de 27 ans, assassiné le 16 janvier 1997 à Los Angeles, sans doute pour une cigarette... Ce jeune homme se prénommait Ennis ; c'était le fils de Bill Cosby.
Alors, triste, ce CD-hommage ? Oh que non. Car composé de plages gravées quelques années plus tôt, qui étaient restées dans les tiroirs de Bill Cosby. Un coup de fil à Verve, et le CD était né -- avec un texte plein de pudeur signé Bill Cosby et quelques photos d'Ennis enfant, prises par un vieil ami de la famille, Dizzy Gillespie himself.
Hello Friend, c'est du bonheur à l'état pur. Huit plages fortement estampillées hard-bop (il n'y a jamais que quatre ex-Messengers dans cet octet !), propulsées par une rythmique tout confort, modèle de délicatesse et de pertinence, qui suggère plus qu'elle n'affirme : Cedar Walton, Peter Washington, Billy Higgins et Steve Kroon -- plus dispensable à mon humble avis, mais qui apporte un petit déhanchement joli sur le «Wide Open» de Bill Cosby ou l'exposé de «Moanin'». Côté solistes, on appréciera le discours robuste et bien découpé de Craig Handy (un adepte des citations, voir son solo sur «Sister Sadie»), seul soliste d'une splendide version de «Laura», le jeu empreint de blues de Philip Harper, les interventions du regretté Lester Bowie aussi bien sûr (le «Sidewinder» de Lee Morgan, en écoute ci-dessous), la fougue de Bobby Watson (un petit tour sur son site ?)... sans oublier Cedar Walton (ex-Messenger, tout comme Harper, Watson et Handy), modèle d'élégance et de délicatesse -- qui trouve, sur «Sidewinder», des accents monkiens tout à fait délectables !
Poussez les meubles et cliquez -- nothing but the groove !





Ô joie, ô bonheur... j'ai retrouvé au fin fond de mon ordi la chronique d'origine du 
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