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   Bon. Là, franchement, je ne sais plus trop où on en est. Entre la v1.96 et la v.2, sans doute, mais où exactement... mystère. Franchement, je n'ai qu'une envie aujourd'hui : prendre le sachet de pop-corn et m'installer au balcon du Café du Commerce, histoire de voir qui profite du bazar généralisé qui règne sur la plate-forme !

   Un petit détour par l'admin' du Jazz Coin, quand-même, pour feuilleter le «Jazz Magazine» n°92 (mars 1963), avec Cootie Williams en couverture (laquelle couverture a mal résisté aux années, alors que celle du «Jazz Hot» plus vieux de quelques années... j'arrête avant de devenir mauvaise langue).


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   Un coup d'oeil aux musiciens qui se produisent dans les clubs de la capitale... Kenny Clarke, Jimmy Gourley, Benny Waters, René Thomas, Champion Jack Dupree, Kenny Drew, Claude Luter, Marc Laferrière, l'ami Michel Sardaby... et Mowgli Jospin (oui, oui, le demi-frère de l'autre).

   Des nouvelles fraîches ?
   «Miles Davis se voit intenter deux procès. Le premier à Philadelphie où on lui réclame 20.000 dollars pour n'avoir consenti à donner que dix-sept concerts sur vingt-six prévus. Le second à Detroit pour rupture de contrat. En effet, Miles devait se produire au "Minor Key" et, le jour prévu, il ne s'est pas présenté.»
   «Tadd Dameron vient d'être victime d'une nouvelle crise cardiaque. Il est actuellement hospitalisé à New York.»
   «John Coltrane et son quartette (avec, en outre, Eric Dolphy) viennent d'enregistrer un album dans un cabaret de Chicago. Au cours de cette manifestation, Coltrane improvisa quatre-vingt minutes durant sur le thème de Miles Davis, "So What".»
   «Dizzy Gillespie, plus que jamais séduit par l'Amérique latine, envisage de créer, à Mexico, une école de jazz pour les musiciens locaux.»
  «Louis Armstrong, John Coltrane, Bill Doggett, Miles Davis et Dave Brubeck ont été contactés pour participer au IVè Festival d'Antibes qui se déroulera du 22 juillet au 2 août.»

   A part ça, le Grand Prix 1962 des Lecteurs de Jazz Magazine a été décerné à «My Favorite Things» de Coltrane -- devant «The Bridge» de Rollins et «Le Roi de l'Orgue» de Jimmy Smith. Re-Coltrane en quatrième et sixième places, avec respectivement «Olé !» et «Africa Brass».

   Suite du feuilletage bientôt...


publié dans : revue de presse par Milady
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   D'abord, merci et gros bisous à toutes et tous pour les petits mots d'hier.

   Et puis, chose pro-mite chose duse, la suite du passionnant article de Larry Rohter...

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   Des trois principaux courants culturels qui se sont mêlés pour faire du Brésil ce qu'il est aujourd'hui, c'est l'élément amérindien qui est le moins présent sur ces cédés. Mais la collection comprend des morceaux interprétés par des «bandas de pifano», les groupes composés de pipeau et de percussions, d'origine indienne, ainsi que des enregistrements de «praias», musique qui accompagnait les rituels indiens et qui a à peu près disparu de nos jours.
   C'est donc Mário de Andrade, l'un des intellectuels brésiliens les plus importants du siècle passé, qui fut à l'origine de ce projet. Poète, romancier, critique, historien de l'art, musicologue et homme d'état, de Andrade avait étudié le piano ; en 1923, il devint l'un des co-fondateurs du mouvement littéraire des modernistes, qui allait dominer la vie culturelle brésilienne pendant des décennies.
   «Dès les années trente», dit Flávia Camargo Toni, musicologue auteur d'une partie des textes de livret du coffret de cédés, «Mário de Andrade et quelques autres comprirent qu'il fallait se dépêcher de rassembler des enregistrements des cultures populaires avant qu'il soit trop tard. En ce temps-là, les différentes peuplades étaient isolées les unes des autres, les gens voyageaient peu : le moment était le bon.»
   Pendant la Seconde Guerre Mondiale, des copies des enregistrements furent envoyées à la Library of Congress de Washington, D.C. Il y a une dizaine d'années, un disque parut sous étiquette Rykodisc ; intitulé «The Discoteca Collection», il était co-produit par Mickey Hart, le batteur de Grateful Dead, et faisait partie du «Library of Congress Endangered Music Project» -- mais ce n'est qu'en 2000 que la restauration des enregistrements débuta.
   Lacerda se souvient : «La première fois que j'ai vu ces enregistrements, dans les années 80, ils étaient dans un local dont le toit s'effondrait, il y avait des infiltrations d'eau, et j'ai bien cru que nous ne pourrions rien récupérer. Mais la plupart des 78 tours étaient en bon état, et nous avons eu la chance de trouver des copies de ceux qui étaient en trop mauvais état pour être utilisés. Nous avons pu transférer la musique sur cédé et enlever beaucoup de bruit de fond.»
   De ses voyages, l'expédition Andrade ramena également des instruments de musique et divers objets, ainsi que des photographies et des films de danses et de fêtes populaires. Autant de témoignages qui ont fait l'objet d'une exposition, laquelle comprenait également les carnets de route de l'expédition, le matériel d'enregistrement qu'ils utilisèrent et des transcriptions d'interviews données par les chanteurs et musiciens.
   A l'époque de ces enregistrements, le Brésil était sous une dictature qui avait interdit les pratiques religieuses d'origine africaine. L'expédition dut donc demander un passe-droit auprès des autorités pour mener sa mission à bien, et une bonne partie des objets qu'ils ramenèrent, surtout les percussions, sont des objets confisqués et trouvés aux postes de police.

   Malgré la complexité de la musique brésilienne actuelle, cet héritage continue de se faire sentir. Zé prend pour exemple le «What's Happening in Pernambuco: New Sounds of the Brazilian Northeast», qui paraît aujourd'hui sur le label de David Byrne, Luaka Bop, et sur lequel il a retrouvé des rythmes qui découlent directement de ceux que l'on peut entendre sur les enregistrements ramenés par l'expédition.

   Et Camargo Toni de conclure : le Brésil n'a jamais vraiment fait l'effort de préserver sa culture. Mais maintenant que les enregistrements de l'expédition de Andrade sont enfin disponibles, les Brésiliens peuvent «écouter leur passé tout en pensant à leur avenir. Nous pouvons enfin montrer ce que nous avons été et comment nous sommes devenus ce que nous sommes aujourd'hui.»

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   Pour le moment, ce coffret semble n'être disponible qu'au Brésil -- en fouinant un peu, j'ai trouvé ce lien : http://www.sescsp.org.br/loja/. La recherche à faire est :
Coleção de CDs Missão de Pesquisas Folclóricas - Mário de Andrade... et il faut parler portugais.
   Arrivera-t-il un jour en France ? Espérons-le...

   En attendant, trois liens que je sors de leur boîte à comm...
   Chez Kaypie, un post sur les repentistas.
   Chez Kfigaro, un titre interprété par Ellis Regina, dont le thème est typiquement portugais.
   Et enfin (merci Kaypie), le site de la Missão de Pesquisas Folclóricas, sur lequel on peut voir et entendre des extraits audio et vidéo -- en portugais
, mais que cela ne vous empêche pas de l'explorer !

publié dans : revue de presse par Mi-Lady/Mi-Zerbi
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   Un petit tour au Brésil en ce mardi matin... mais le jazz, et surtout le blues, ne sont pas si loin que vous pourriez le croire. Mes sources : l'«International Herald Tribune» daté du 30 janvier -- Kaypie et Kfigaro, je compte sur vous pour rectifier les erreurs et réagir à l'article.

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   Dans les années 30, l'ethnomusicologue américain Alan Lomax se rendit dans le Sud profond des États-Unis, son magnétophone sous le bras, en quête de chanteurs de blues et de folk authentiques et encore inconnus. C'est lui qui fit enregistrer Muddy Waters et Woody Guthrie, entre autres, pour la première fois.
   Ce que l'on sait moins, c'est qu'au début de 1938, Mário de Andrade, Ministre de la Culture brésilien, dépêcha une «Folklore Research Mission» dans le nord-est du pays, qui était investie d'une mission similaire. Il souhaitait que l'on enregistre autant de musique que possible, aussi rapidement que possible -- avant que les influences du cinéma et de la radio aient commencé à altérer la culture musicale si particulière de la région.
   La mission, qui se déplaçait en camion, à dos de cheval ou à dos d'âne, enregistra tout ce qui semblait représenter un quelconque intérêt. Des chants interprétés par des mendiants, des cow-boys, des prêtres vaudou, des mineurs, des pêcheurs, des troupes de danseurs, des enfants en train de jouer...

   La collection a dormi pendant 70 ans dans les archives du ministère, avant de devenir enfin accessible au public, sous forme d'un coffret de six cédés qui apporte des indications précieuses sur les racines de toutes les formes de musique brésilienne, de la samba au mengue.
   Le coffret, intitulé «Música Tradicional do Norte e Nordeste 1938», contient plus de sept heures de musique. «Il s'agit là d'un évènement d'importance», dit Marcos Branda Lacerda, responsable de la parution. «Toutes les tendances essentielles, qu'elles soient d'origine européenne, africaine ou indienne, sont représentées et facilement identifiables.»
   La plupart des styles musicaux représentés sur ces cédés ont eu une influence capitale sur le mouvement Tropicalismo, fondé au Brésil dans les années 60 par Cateano Veloso, Tom Zé et Gilberto Gil -- tous trois originaires de l'État de Bahia, dans le nord-est, et qui reconnaissent l'influence que les musiques traditionnelles ont eue sur eux. Tom Zé dit ainsi :
   «C'est la musique que j'entendais tout petit dans le magasin de mon père, et c'est d'elle que viennent la richesse et la force de la musique brésilienne populaire. En tant que descendants des Portugais, Caetano, Gil et les autres «tropicalistas» ont assimilé l'influence de ce folklore, l'ont transformé et l'ont répandu dans le monde entier.»
   Zé fait également remarquer que la musique du Nordeste qui venait du Portgual était elle-même le résultat d'un brassage culturel. Si les paroles de certaines chansons viennent des troubadours du Moyen-Âge, l'influence arabe se fait clairement sentir dans la façon de chanter des interprètes.
   Et Zé d'ajouter : «Cette influence est toujours présente dans la musique populaire brésilienne d'aujourd'hui. Je l'entends quand Caetano chante. Il a acquis une façon très personnelle, très belle d'utiliser ces modulations qu'utilisaient souvent les chanteurs que nous entendions dans le Nordeste.»

   Bien que l'expédition de 1938 ait semblé s'intéresser plus particulièrement aux caractéristiques rythmiques des formes musicales du Nordeste, les troisième et quatrième cédés contiennent des duos de guitare, connus sous le nom de «repentistas». Comme le blues, ce style est basé sur un système de questions / répons et utilise souvent dans les vocaux le mélange de vantardises et d'insultes que l'on retrouve dans certaines chansons traditionnelles américaines : les «dozens».
   Et Larry Rohter, auteur de cet article, de préciser qu'il y a trente ans, après un voyage au Brésil, il fit écouter quelques enregistrements de «repentistas» au guitariste John Fahey. Fahey fut intrigué par l'accord et les gammes utilisés par les guitaristes brésiliens, et par la similitude qu'il entendait entre les voix des artistes du Nordeste et celles de bluesmen comme Son House et Bukka White.
   Tom Zé dit d'ailleurs :
   «Quand je pense aux ressemblances qui existent entre le blues américain et la musique du Nordeste, j'en ai des frissons.»

   (... la suite demain...)

publié dans : revue de presse par Mi-Lady/Mi-Zerbi
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