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   Ah, les pianos... D'abord, il y a les impondérables. Le piano déplacé de cinquante centimètres pour éviter la gouttière dans le chapiteau, ce qui amène le pianiste (Dave Kikoski en l'occurrence) à exiger qu'on le réaccorde, sinon il ne joue pas. Sir Roland Hanna, désarçonné (et peu convaincu) par les explications de l'accordeur, qui assure qu'il a utilisé un accord légèrement différent de ce qui se fait d'habitude, mais que si, c'est tout bon, et que d'ailleurs c'est comme ça qu'un piano se doit d'être accordé... Et le problème ne date pas d'hier, vous vous en doutez. D'où quelques scènes surréalistes, trouvées dans le livre d'anecdotes compilé par Bill Crow :

   Jay McShann : «Parfois nous tombions sur des pianos tellement mauvais que je jouais dans une clé et l'orchestre dans une autre. Certains d'entre eux étaient tellement mauvais que j'allais me chercher une bouteille et que je rentrais à l'hôtel.»

   Aux grands maux, les grands remèdes :
   Billy Eckstine : «Parfois, nous arrivions pour un concert avec dans notre orchestre Earl Hines, le plus grand pianiste du pays, et la moitié des touches sur ce fichu piano ne marchaient pas. Alors à la fin du concert, au moment de partir, je rassemblais quelques uns des musiciens autour du piano, comme pour bavarder, et j'arrachais toutes les cordes et tous les marteaux. Et je disais, "La prochaine fois qu'on viendra jouer ici, je parie que ce fils de pute aura un piano sur lequel il pourra jouer".»

   Et quelques surprises, parfois :
   «Ernie Wilkins fit une tournée dans le Sud avec Count Basie au piano. Quand l'orchestre arriva pour se produire dans le gymnase d'un lycée, ils découvrirent qu'il n'y avait pas de piano sur la scène. Le manager de l'orchestre alla se renseigner, mais personne ne paraissait avoir entendu parler d'un piano. Pendant quelque temps, il sembla que Basie n'allait pas pouvoir jouer de la soirée. Mais soudain, il y eut une certaine agitation au fond du gymnase, et  quatre étudiants passèrent les portes en poussant un vieux piano droit. Sur le devant, on avait collé une feuille de papier avec, écrit en gros caractères, le mot «PIANO», afin qu'ils n'aient aucun mal à identifier l'instrument.»
publié dans : les anecdotes de Bill Crow par DoMiSolSib
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   Une petite blague de musiciens -- pour les réclamations, adressez-vous à Bill Crow, qui transmettra...

   Deux représentants de commerce prenaient un verre dans un bar. L'un d'eux disait que s'il était bon vendeur, c'était parce qu'il pouvait s'adapter à tout le monde.
   «Quel que soit leur Q.I.», expliqua-t-il, «je peux me mettre à leur niveau.»
   Comme son ami lui demandait une démonstration, il tapa sur l'épaule de l'homme qui se tenait à côté de lui et lui demanda :
   «Excusez-moi, quel est votre Q.I. ?»
   «200, à peu près.»
   Le représentant entama une discussion sur la physique nucléaire avec lui.
   Le candidat suivant avait un Q.I. de 100. Le représentant se lança dans un débat sur la politique et l'écologie. Ensuite, il demanda à un homme, qui se tenait à l'autre bout du comptoir, quel était son Q.I.
   «Oh, environ 35, je pense», répondit-il.
   Et le représentant lui demanda :
   «Et quelle sorte d'anches utilisez-vous ?»

   La prochaine fois, on s'occupe des contrebassistes, c'est promis...
publié dans : les anecdotes de Bill Crow par Lady D.
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   La route du saxophoniste Kenny Davern croisa un jour celle d'un ingénieur du son un peu trop bien équipé :
   «Cet ingénieur du son était considéré comme l'un des plus grands génies de la profession depuis Rudy Van Gelder. J'ai oublié son nom ; je l'ai effacé de mon esprit. Il a installé Al McManus, le batteur, dans une espèce de petit box ; on aurait dit une niche. Et si je growlais, il avait ce petit appareil qui effaçait le growl. Si je voulais que l'anche crépite, ou faire des effets de souffle... il enlevait tous les bruits. Il ne restait plus rien. Je lui ai dit :
   - Comment est-ce que tu ferais pour enregistrer Ben Webster ? Tu aurais deux faces de silence ! Tu enlèves des aspects qui sont propres à mon jeu, alors remets-les tout de suite !»
publié dans : les anecdotes de Bill Crow par Lady D.
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