Il était une fois un contrebassiste du nom de Milton John Hinton. A mon humble avis, l'un des pionniers de l'instrument, avec John Kirby et
Slam Stewart -- tous trois ouvrirent la voie qui allait être empruntée une poignée d'années plus tard par un Jimmy Blanton, lequel allait achever de révolutionner le rôle de l'instrument au
sein de l'orchestre et de faire de la contrebasse un instrument soliste à part entière. Mais ceci est une autre histoire. Soit dit en passant, le sujet fit l'objet d'un échange passionné entre
Richard Davis et moi-même il y a quelques années : lui soutenait qu'avant Blanton, la contrebasse ne servait qu'à faire des «poum-poum» tonique / quinte à l'arrière-plan, et moi que, quand-même,
Hinton, Stewart et Kirby, hein... ils avaient un peu fait avancer le schmilblick.
Bon, si le Prof le dit...
Mais quand-même...
Milt Hinton, donc. Né le 23 juin 1910 à Vicksburg, Mississippi, élevé à Chicago. Décédé quatre-vingt-dix ans plus tard, à New-York. Soixante-dix ans de contrebasse, que je n'ai pas l'intention de résumer ici. Quelques jalons, cependant : en 1931, il fait partie de la formation dirigée par le violoniste Eddie South, lequel lui apprend le jeu à l'archet. De 1936 à 1951, il est le contrebassiste du big band de Cab Calloway. Ensuite, eh bien, le voilà free-lance, et très demandé. Des centaines de disques en sideman, dont une bonne partie en compagnie d'Hank Jones, Barry Galbraith et Osie Johnson, avec lesquels il compose un quartet de base connu sous le nom de «New-York Rhythm Section»...
Milt Hinton, c'est un jeu élastique, bondissant, et une maîtrise du slap assez phénoménale. Cliquez plutôt pour apprécier ce «Joshua Fought the Battle of Jericho», gravé en 1976 en compagnie du pianiste Cliff Smalls et du batteur Sam Woodyard...
Avec l'image, ça donne ça. Un jeune homme de 85 ans, à la maîtrise de l'instrument intacte, et à l'humour toujours aussi dévastateur...
Bon... assez parlé de musique. Vers le milieu des années trente, deux évènements d'importance donc dans la vie de Milt. Il rentre dans l'orchestre de Cab Calloway, nous venons de le voir, et achète un appareil photo. Lequel ne le quittera plus ! Et quand Judge disparaît, il laisse derrière lui la bagatelle de 40.000 négatifs...
Il faudra attendre 1988 pour que paraisse un premier ouvrage, intitulé «Bass Line», co-signé par Milt et David G. Berger, et qui comprend une autobiographie pleine d'anecdotes savoureuses (nous y reviendrons sans doute) et, bien sûr, des dizaines de clichés. De ces clichés que seul un musicien pouvait prendre. Quelques exemples... Quentin Jackson et Jonah Jones à la Nouvelle-Orléans en 1941, probablement pendant une tournée de l'orchestre de Cab Calloway...
Deux autres membres de l'orchestre de Cab, Tyree Glenn et Chu Berry, à Fort Bragg, Caroline du Nord, en 1940 (toute une époque, n'est-ce pas...)...
Jimmy Nottingham, Kenny Burrell, un Paul Gonsalves visiblement très fatigué et Willie Cook, en studio à New-York en 1965...
Trois ans plus tard, parut «Over Time» -- portraits en images, et en quelques mots aussi, d'une soixantaine de musiciens côtoyés par Milt au fil des années, de Louis Armstrong à Wynton Marsalis, en passant par Duke et Dinah Washington... un ouvrage magnifique, mais s'il n'en faut qu'un... je reste sur «Bass Line» et sa jolie photo de Jimmy Rushing en couverture...
Des photos, tiens, il y en a aussi sur le site de Milt, là : clic !
Bon, si le Prof le dit...
Mais quand-même...
Milt Hinton, donc. Né le 23 juin 1910 à Vicksburg, Mississippi, élevé à Chicago. Décédé quatre-vingt-dix ans plus tard, à New-York. Soixante-dix ans de contrebasse, que je n'ai pas l'intention de résumer ici. Quelques jalons, cependant : en 1931, il fait partie de la formation dirigée par le violoniste Eddie South, lequel lui apprend le jeu à l'archet. De 1936 à 1951, il est le contrebassiste du big band de Cab Calloway. Ensuite, eh bien, le voilà free-lance, et très demandé. Des centaines de disques en sideman, dont une bonne partie en compagnie d'Hank Jones, Barry Galbraith et Osie Johnson, avec lesquels il compose un quartet de base connu sous le nom de «New-York Rhythm Section»...
Milt Hinton, c'est un jeu élastique, bondissant, et une maîtrise du slap assez phénoménale. Cliquez plutôt pour apprécier ce «Joshua Fought the Battle of Jericho», gravé en 1976 en compagnie du pianiste Cliff Smalls et du batteur Sam Woodyard...
Avec l'image, ça donne ça. Un jeune homme de 85 ans, à la maîtrise de l'instrument intacte, et à l'humour toujours aussi dévastateur...
Bon... assez parlé de musique. Vers le milieu des années trente, deux évènements d'importance donc dans la vie de Milt. Il rentre dans l'orchestre de Cab Calloway, nous venons de le voir, et achète un appareil photo. Lequel ne le quittera plus ! Et quand Judge disparaît, il laisse derrière lui la bagatelle de 40.000 négatifs...
Il faudra attendre 1988 pour que paraisse un premier ouvrage, intitulé «Bass Line», co-signé par Milt et David G. Berger, et qui comprend une autobiographie pleine d'anecdotes savoureuses (nous y reviendrons sans doute) et, bien sûr, des dizaines de clichés. De ces clichés que seul un musicien pouvait prendre. Quelques exemples... Quentin Jackson et Jonah Jones à la Nouvelle-Orléans en 1941, probablement pendant une tournée de l'orchestre de Cab Calloway...
Deux autres membres de l'orchestre de Cab, Tyree Glenn et Chu Berry, à Fort Bragg, Caroline du Nord, en 1940 (toute une époque, n'est-ce pas...)...
Jimmy Nottingham, Kenny Burrell, un Paul Gonsalves visiblement très fatigué et Willie Cook, en studio à New-York en 1965...
Trois ans plus tard, parut «Over Time» -- portraits en images, et en quelques mots aussi, d'une soixantaine de musiciens côtoyés par Milt au fil des années, de Louis Armstrong à Wynton Marsalis, en passant par Duke et Dinah Washington... un ouvrage magnifique, mais s'il n'en faut qu'un... je reste sur «Bass Line» et sa jolie photo de Jimmy Rushing en couverture...
Des photos, tiens, il y en a aussi sur le site de Milt, là : clic !








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