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   Le sujet de réflexion proposé étant «Bud Powell 1944-1950», il fallait remarquer combien le style du pianiste Earl Rudolph Powell, né à New-York en 1924, est d'abord fortement teinté des influences conjuguées de Billy Kyle (dont on a souvent dit qu'il fut le trait d'union entre Earl Hines et Bud – cf. «Boppin' a Riff») et d'Art Tatum, une paternité qu'il revendiquera jusqu'au bout, avec à l'occasion un clin d'œil au minimalisme à la Basie («Smack Me», par le sextet de Cootie Williams en 1944) et une pointe de stride («Roll 'Em», par le big band du même). On aura noté que Bud, sur les ballades, est déjà reconnaissable entre mille, bien que son style soit harmoniquement moins luxuriant qu'il le deviendra par la suite («My Old Flame») ; sur tempo rapide, on aura souligné que Bud, à ses débuts pianiste tout ce qu'il y a de plus swing («You Talk a Little Trash», le solo syncopé de «Honeysuckle Rose»), trouve sa voie, séance après séance (sur «Reverse the Charges», il est déjà presque lui-même – mais pas totalement), jusqu'aux plages historiques gravées en compagnie de Ray Brown et Max Roach en 1949. On n'aura pas omis de mentionner l'excellence de l'ensemble des musiciens qu'a côtoyé le pianiste au cours de cette période. Il fallait citer les trompettistes Fats Navarro et Kenny Dorham, l'air et le feu réunis sur quatre plages («Everything's Cool») ; l'indispensable Cootie Williams, qui growle comme un gros matou en colère sur «Smack Me» et revisite son vieux cheval de bataille, «Echoes of Harlem» ; Freddie Webster, qui tire quelques chandelles romaines sur «September in the Rain» ; un tout jeune Miles Davis, auteur de quelques dérapages mal contrôlés sur «Donna Lee». Il fallait mentionner le solo magistralement bouché du tromboniste Ed Glover sur «Blue Garden Blues», et le jeu de velours de Jay Jay Johnson sur «Jay Bird» et «Coppin' the Bop». De la jolie brochette de saxophonistes ici réunie, il fallait retenir Eddie «Lockjaw» Davis («My Old Flame») ; un Dexter Gordon câlin des grands jours sur «I Can't Escape from You» et bopper plein pot sur «Long Tall Dexter» et «Dexter Digs In» ; Morris Lane, ténor «jump» chez les Bebop Boys, qui emmène avec autorité la chase de folie qui clôt «Fat Boy» ; le méconnu Frank Socolow, vibrato et gros son à la Don Byas («The Man I Love») ; Sonny Stitt, au ténor en 1949, pulpeux à souhait sur «Sunset» et incandescent sur «Fine and Dandy» (voir comment Bud jaillit à sa suite sur la master de ce titre) ; et, bien sûr, Charlie Parker, ici magistralement accompagné par Miles, Bud, le moustachu Tommy Potter et le grand Max (la séance du 8 mai 1947) et par Fats Navarro, Bud, Curly Russell et le non moins grand Art Blakey (broadcast du Birdland le 20 juin 1950). Par cette dernière formation, on aura retenu une longue version de «Street Beat», sur laquelle Carmen pointe le bout de son nez, avec chase pétillante entre Bird et Fats. Il était également souhaitable d'adresser les louanges d'usage aux maîtres rythmiciens que sont «Captain» Ray Brown et les discrets Al Hall et Curley Russell et, côté batteurs, l'impétueux Irv Cottler («September in the Rain»), le défricheur Kenny Clarke («Blues in Bebop»), l'élégant Roy Haynes et Buddy Rich, batteur-puncheur de génie que d'aucuns s'entêtent à traiter de cogneur («Hallelujah» et «Tea for Two»). Il fallait enfin préciser que l'éternel féminin est ici représenté par la Divine Sarah Vaughan, sur tapis de cordes arrangé par Tadd Dameron – une séance quelconque, malgré les jolis contrechants dûs à Freddie Webster (tp) et Bud lui-même («I Can Make You Love Me If You Let Me»).
   Nota : le coffret de quatre CDs proposé par Proper Records se voit décerner la note maximale – nonobstant la disparition mystérieuse et malvenue de quatre des quarante-huit pages du livret, ce qui entraîne un certain flou discographique qu'on éclaircira partiellement en se plongeant dans la lecture dudit livret, par ailleurs remarquablement documenté.

   Au tableau d'honneur : Jassbrass, avec tout plein de points, tellement que j'ai la flemme de les compter. Eut-il donné les noms de Norman Keenan (basse) et Sylvester «Vess» Payne (drums) qu'il se fut vu décerner une mention «Très Bien».

   Et en guise de prix, je lui offre, ainsi qu'à tous ceux qui passent par là, le délicieux «Celia», gravé par Bud en compagnie de Ray Brown et Max Roach à New-York, en janvier ou février 1949.


publié dans : disques de chevet par Milady
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   Bon, ben me voilà taguée. Merci, Fox. Je me vengerai, je me vengerai... à la première occasion...
   En d'autres termes, condamnée à vous révéler sept choses que vous ne savez pas de moi et à choisir sept innocentes victimes (que j'irai prévenir par un comm sur leur blog) pour que continue de vivre la chaîne.

   Bon. Alors. Réfléchissons...
   1. Quand j'étais petite, et encore quand je n'étais plus si petite que ça d'ailleurs, j'avais une peur panique des punaises. Pas moyen de me faire rentrer dans une pièce où il y en avait une. Ça va beaucoup mieux maintenant, pas au point d'en prendre une entre le pouce et l'index pour la jeter délicatement par la fenêtre, mais y'a eu du progrès.
   2. Je suis allée chez le coiffeur... deux fois dans ma vie, il y a treize ans. C'était après que mes cheveux, que j'avais perdus, aient repoussé, histoire de tout remettre à la même longueur (quoique «longueur» ne soit peut-être pas le bon terme pour une coupe qui avait tout de la coupe militaire).
   3. Je n'ai toujours pas le permis... mais comme je rêve d'avoir une Méhari, peut-être qu'un de ces jours...
   4. J'adore marcher pieds nus dans la rue (en m'fichant pas mal des regards obliques des passants honnêtes)
   5. Je ne me souviens jamais de mes rêves. Il y a quelques années, je ne me souvenais que de ceux où j'avais croisé des jazzeux -- Andrew Cyrille, Roland Hanna, Richard Davis... figurez-vous qu'une nuit j'ai même joué avec Ray Charles !
   6. Hors de question que je passe devant la poubelle de la salle des ventes, en bas de ma rue, sans y jeter un oeil. C'est qu'on y trouve des trésors. Vaisselle, linge, bibelots en tous genres, machines à écrire, fers à repasser, bouquins... c'est là que j'ai trouvé mon recueil de poésies d'Ésope en VO, avec traductions en français et en latin, daté de «L'An V» : 1796. Quant au jean que je porte au moment où je tape ces lignes... eh oui. Si vous avez une salle des ventes près de chez vous...
   7. J'adore aussi les pluies d'été... les pluies d'orage, qui viennent mettre fin à des journées de canicule et de lourdeur étouffante... dès que les premières gouttes commencent à tomber je suis dehors, et j'y reste jusqu'à être bonne à essorer !

   Pour ce qui est des innocentes victimes... qu'elles se choisissent elles-mêmes, si le coeur leur en dit !
publié dans : n'importe quoi par Milady
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   Well, well, well.
   Le temps que je réfléchisse aux sept-choses-que-vous-ne-savez-pas-sur-moi (merci Fox, je me vengerai, c'est promis), un petit blindfold. Avec au moins un trompettiste et un pianiste à repérer, quant au sax il est trouvable -- mais on n'en dira pas autant du tandem rythmique.
   Clic ? Clic ! Et pas de panique si le début «pleure» un peu, c'est que c'est pas tout jeune tout ça !



publié dans : blindfold par Milady
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