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   Une bonne nouvelle pour apporter encore un peu plus de soleil à cette déjà bien belle journée ? Une bonne nouvelle.
   En quelques chiffres.
   Chez les «Representatives» -- l'équivalent du Parlement, si vous voulez -- les Démocrates sont majoritaires. 227 sièges pour eux, contre 195 pour les Républicains. 13 sièges sont encore à attribuer... ce qui ne changera pas grand-chose à la donne. Au Sénat, la course est un peu plus serrée. 50 sièges pour les Démocrates, 49 pour les Républicains... et un siège à attribuer. Dans le pire des cas, donc, égalité parfaite.

   Bon, on s'y attendait un peu... mais voilà qui me met d'encore meilleure humeur. Peut-être quelques détails supplémentaires tout à l'heure, ou demain... si j'ai le courage d'éplucher mon Herald du jour.
publié dans : revue de presse par Lady D.
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   Finissons-en avec ce fameux «Jazz Hot» n°125, par un coup d'oeil d'abord à la «Revue de Presse» de Bison Ravi... qui contient bien sûr quelques sournoiseries de la meilleure eau -- et de quoi enrichir son répertoire d'insultes stylées.

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   «Ce que les gens peuvent écrire sur le jazz, c'est fou... mais il ne faut pas croire que ça les amuse, loin de là !... c'est à cause de ces bourreaux d'artistes qui s'obstinent à faire de la musique, que les critiques et auditeurs se sentent le devoir d'y aller de leur chorus. Il y a pourtant une race de méchants bougres d'apocalypse, de vilains croquants boutonneux, de pisse-froid mérovingiens, en un mot d'individus, qui écrivent sur le jazz par pur plaisir et sans nécessité puisqu'ils se donnent le mal d'introduire des commentaires jazzistiques dans des romans (hum...). C'est ceux-là que je vais stigmatiser aujourd'hui, puisqu'il fait beau. C'est un extrait de l'affaire Maurizius, de Jacob Wassermann (ce n'est pas l'inventeur de la réaction du même nom) qui m'en fournira le prétexte. Il m'est communiqué par M. et Mme. Rémignac, de Courbevoie.
    "Warschauer était tout joyeux, le mouvement des couples qui tournaient, glissaient,  ondoyaient, se frôlaient, les visages échauffés au milieu de cette brume de fumée, mais surtout les éclats, les piaulements, les hurlements des instruments le jetaient dans des transports de joie. A un moment il saisit le poignet d'Etzel et lui glissa : «Cristi, un saxophone comme celui-là n'a pas de prix, il vaut une histoire de la civilisation en trois volumes. Regardez l'homme aux cymbales, mais regardez-le donc, n'a-t-il pas l'air d'un vrai Torquemada, cruel, sombre, fanatique, quel type épatant, dans son enfance, il a sûrement arraché les pattes aux hannetons et mis le feu à la queue du chat.
    - «C'est bien possible, mais je ne vois pas ce qui vous enthousiasme là-dedans demanda froidement Etzel. Warschauer lui tapota la main : - «C'est au point de vue biologique, comme sujet d'étude."

   Et l'heureusement incorrigible Vian de conclure :
   «Ce biologiste fait rêver. Et mettre le feu à la queue des «cats», pour un amateur de jazz, ça sonne vraiment désagréable, sinon équivoque.»

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   Rayon chroniques, quelques 45 tours.  Ella Fitzgerald «sings the Rodgers and Hart Songbook» («comme de coutume il n'est pas question de jazz mais d'Ella, et comme de coutume, c'est suffisant pour que l'on recommande ce petit microsillon», assure Michel Delaroche) ; Bunk Johnson and his New Orleans Band («Maryland est marqué par un nombre impressionnant de fausses notes qui rendent l'audition pénible (...) c'est bien mauvais», relève Guy Kopelowicz). Côté 33 tours : un fantastique Lionel Hampton All-Stars, avec Lucky Thompson, Oscar Dennard et Oscar Pettiford entre autres (Kurt Mohr est d'accord : «les musiciens semblent avoir pris le mors aux dents et nous sommes en présence d'une "funky and swinging session". Tous les participants sont dans une très bonne forme») ; quelques vieilles faces (1947) de Dexter Gordon (que Mohr recommande chaudement «à tous les amateurs de saxo ténor, sans distinction d'âge») ; le Jimmy Hamilton Quintet («Musique assez jolie et certainement ennuyeuse (...) de la musique de fond plaisante, sans plus» -- sacré Kurt !) ; le faramineux «Ballads and Blues» de Milt Jackson, avec Lucky Thompson sur certaines plages («Toutes les faces de ce microsillon sont bonnes -- il n'y a que des différences de degrés», pour François Postif) ; une chronique croisée enfin de «Kenny Clarke joue André Hodeir» -- «disque décevant» pour Kurt Mohr l'intransigeant, «très intéressant» pour Christian Bellest.

   Et, donc, le quizz concocté par Demêtre Ioakimidis : «Cherchez William». En sachant que tous les musiciens décrits dans les courtes notices se prénomment William... mais que certains sont plus connus sous leur surnom, et que d'autres ont abrégé leur prénom en Will, Bill, Billy...

   1) Un des plus grands batteurs de la «swing era» qui fut membre de l'orchestre de Cab Calloway.
   2) Un autre batteur célèbre dont le nom fut associé pendant une trentaine d'années à celui d'un orchestre illustre.
   3) Un tromboniste et arrangeur qui se révéla en 1950 chez Stan Kenton.
   4) Le trompettiste qui symbolisa le «New Orleans revival».
   5) Un critique américain qui fut l'un des plus ardents partisans du précédent et du Revival en général.
   6) Un drummer qui donna son nom à l'un des principaux orchestres des années 20.
   7) Un contrebassiste qui joua fréquemment chez Duke Ellington entre 1935 et 1940 et enregistra avec Django Reinhardt.
   8) Le pianiste du groupement de John Kirby pendant son apogée.
   9) Un arrangeur qui fournit plusieurs orchestrations à Jimmy Lunceford avant de devenir l'accompagnateur des Pointer Sisters.
   10) Un trompettiste spécialiste du suraigu révélé par Duke Ellington.
   11) Un guitariste qui fut plusieurs fois emmené en Europe par Lionel Hampton.
   12) Un saxophoniste alto, considéré comme un des maîtres de son instrument pendant son séjour dans un célèbre grand orchestre.
   13) Un clarinettiste qui joua longtemps chez Fletcher Henderson.
   14) Le chef d'un des deux ou trois plus grands orchestres de l'histoire du jazz.
   15) Un pianiste de la génération d'Erroll Garner, homonyme d'un des précédents.

   J'ai beau l'avoir fait deux ou trois fois... je sèche sur une bonne moitié des questions. Et vous ?

 

publié dans : revue de presse par Lady D.
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Image Hosted by ImageShack.us   Un petit mea culpa pour commencer : point de programmes de clubs dans le «Jazz Hot» d'octobre 1957. Mais un long papier de Marcel Romano, en goguette à New-York -- et New-York en 1957, c'est quelque chose. Extraits :

   «Tous mes amis et relations sont déjà prévenus de mon arrivée et le téléphone ne cesse de sonner du matin au soir (C'est surtout gênant le matin). Le soir je sors et tous les gars sont d'une gentillesse extrême -- les jazzmen bien sûr -- et font tout pour rendre mon séjour le plus agréable possible. Je n'ai pas une minute de libre, c'est à celui qui passera me prendre le premier, dès que j'ouvre les yeux, et c'est au prix de nombreux efforts que je parviens à me concentrer. Il est 4 heures de l'après-midi, je ne suis pas vraiment seul dans ma chambre : Assis sur le tapis ou sur le lit il y a Sonny Sitt, Babs Gonsalves, Max Roach, Paul Chambers, Bud Powell et sa femme, Jerry Gray (l'ex-femme de Wardell) (...) J'oubliais de préciser que dans la salle de bains se trouvent également "Philly" Joe Jones, en train de se raser, Stan Getz, sous la douche, et qui a élu à moitié domicile chez moi.
   J'habite au coeur de Manhattan, à Broadway, en plein centre, à l'angle de la 52è rue. Ma fenêtre donne juste sur le Birdland.»

   Déjà, ce bon Marcel a vu (et entendu) Monk au «Five Spots», Stan Getz au «Birdland», le quartet de trombones de Kai Winding au «Jazz City», Bud au «Basin Street», Dizzy, Slim Gaillard, Blossom Dearie, Horace Silver... et j'en passe -- et raté Rollins au «Continental», à son grand regret.

   Getz, c'est une vieille connaissance. Deux ans plus tôt, Marcel avait mis sur pied un concert Stan Getz à l'Olympia, «et Stan Getz avait seulement "oublié de venir"», comme le rappelle une note de bas de page.
   «Seuls sur le podium, Paul Chambers et Charlie Persip jouent en attendant le pianiste et Stan Getz qui se fait attendre. Le visage ruisselant de sueur, Stan arrive enfin, suivi de Sonny Clarke. Lorsque Getz m'aperçoit, il tombe presque à la renverse, mais il se ressaisit vite et, avec le plus large de ses sourires il se précipite vers moi. Il veut tout expliquer mais je l'en dissuade : laissons le passé, il est oublié.»

   Image Hosted by ImageShack.usUne bonne surprise : Bud Powell...
   «Elvin Jones et Bud me flanquent de grandes tapes dans le dos. Je suis absolument stupéfait par l'attitude de Bud : je n'avais conservé de lui qu'un souvenir pénible. A Paris, dans les coulisses de Pleyel, au Club Saint-Germain ou à son hôtel, je n'avais jamais vu qu'un pauvre type au regard fixe, dont il était impossible d'extraire une parole et avec qui tout contact était quasiment impossible. Pourtant le miracle est là, il sourit, il est heureux, il parle. Il me pose des questions sur tout le monde, Kenny Clarke, Pierre Michelot, Christian Garros, et plus particulièrement René Urtreger. Lorsque je lui apprends l'accident d'auto dont il vient d'être victime quelques jours plus tôt à Saint-Tropez, Bud devient tout triste et songeur. Je m'empresse de le rassurer. Je me rends maintenant compte de sa sensibilité. Effectivement, son comportement peut parfois confirmer tout ce qui est raconté sur le pseudo-dément ou le drogué. Mais depuis son séjour dans une clinique psychiatrique il y a trois ans, Bud est guéri et tout ceci appartient maintenant au passé. S'il semble avoir conservé des traces dans son comportement, c'est que Bud est extrêmement timide, très craintif et méfiant. Lors de son séjour en Europe, entouré de visages étrangers dans des pays dont il ne connaissait pas la langue, Bud s'enfermait dans une tour d'ivoire dont rien ne parvenait à le faire sortir.»

   La fin du feuilletage... c'est pour demain !
publié dans : revue de presse par Lady D.
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